Beigbeder, mon amour!

Depuis que j’ai eu à lire 99 francs de Frédéric Beigbeder au Cégep, je suis une fan inconditionnelle de l’auteur. Je n’ai pas encore lu toutes ses œuvres, mais celles que j’ai eu le plaisir de découvrir m’ont énormément plu. On a tous nos auteurs favoris, ceux dont on attend la nouvelle sortie avec impatience. Moi, c’est Beigbeder, sans aucun doute!

Ce qui m’a le plus marquée de cet auteur, c’est son humour. Dans 99 francs, il tourne en dérision la société de consommation de manière fracassante, mais ô combien véridique. Beigbeder, ayant lui-même travaillé dans une multinationale, met ici en scène Octave, un publiciste pour une grande compagnie.  Les pointes de sarcasme et d’humour permettent au lecteur de se sentir un peu coupable et de s’ouvrir les yeux face à ce qu’est devenue la société d’aujourd’hui.

« Avec toutes ces choses qui t’appartiennent, et la vie confortable que tu mènes, logiquement, tu es obligé d’être heureux. Pourquoi ne l’es-tu pas? Pourquoi plonges-tu sans cesse ton pif dans la schnouff? Comment peux-tu être malheureux avec 2 millions d’euros sur ton compte en banque? Si tu es au bout du rouleau, alors, qui est à l’autre bout? » (99 francs, p.118)

Dans L’amour dure trois ans, l’auteur aborde des réalités de la vie qu’on ne veut pas s’avouer. Marc, son protagoniste, est amoureux d’une femme mariée avec laquelle il correspond régulièrement. Malgré tout, impossible de convaincre cette femme, Alice, de quitter son mari. À travers la voix de son personnage, Beigbeder donne le fond de sa pensée sur les inévitables problèmes des relations amoureuses et des envies qui dominent l’être humain.

« Alors elles attendent le Prince Charmant, ce concept publicitaire débile qui fabrique des déçues, des futures vieilles filles, des aigries en quête d’absolu, alors que seul un homme imparfait peut les rendre heureuses. » (L’amour dure trois ans)

Outre ces deux romans, qui sont jusqu’à présent mes coups de cœur de l’auteur, j’ai découvert Windows on the World, un récit inventé de l’avant et du pendant de la tragédie du 11 septembre 2001. Bien que la scène finale soit connue du lecteur et que le sujet reste tragique, on retrouve le sarcasme de l’auteur ainsi que son ton cru. Puis, dans L’Égoïste romantique, l’auteur nous revient avec un personnage malheureux en amour, cherchant à pimenter sa vie d’une quelconque façon. Encore une fois, notre rêve de conte de fées est ébranlé par le réalisme puissant de Beigbeder.

« Dans ces instants d’effroi, la prière est spontanée. La religion remonte en nous. Dans les minutes qui viennent, le World Trade Center, temple de l’athéisme et du lucre international, va progressivement se transformer en église improvisée. » (Windows on the World, p.159)

Amoureux de Beigbeder, vous ne pourrez finalement passer à côté d’Un roman français, l’œuvre qui nous permet de mieux le connaitre, et de mieux le comprendre. Il m’en reste beaucoup à découvrir de cet auteur prolifique. Je ne me tannerai jamais de sa plume, de son originalité et de la bonne claque qu’il nous envoie en pleine face. Si on cherche quoi m’offrir en cadeau, c’est simple : du Beigbeder!

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