Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage

Annie Bacon, Éditions Bayard Canada, Montréal, 2016, 120 pages.

C’est la fin. Seuls les chanceux ou les plus prévoyants sont encore en vie, dont Astride, une jeune fille de treize ans. Trainant sa petite valise bleue, elle se dirige vers la bibliothèque du Plateau-Mont-Royal pour y construire son nouveau logis. Son père l’a bien avertie : elle ne doit pas se faire voir, car après l’apocalypse, ce sera la guerre dehors. Seuls les plus brillants s’en sortiront.

On ne se retrouve pas ici dans un récit rempli d’actions. Bien que la guerre menace d’éclater quand deux survivants se croisent, que se procurer à manger est une quête importante et que survivre est la seule et unique mission qui importe pour le moment, l’histoire se déroule plutôt lentement et sans grands sursauts. On accompagne davantage la jeune Astride dans sa quête vers une indépendance forcée. Son père avait bien préparé la jeune fille, et heureusement! Astride fait preuve d’une débrouillardise incroyable qui pourra peut-être lui sauver la vie.

J’ai apprécié que la bibliothèque soit l’endroit où l’adolescente ait élu domicile. Avec l’apocalypse qui a tout détruit, on revient aux besoins primaires, à la vie sans la facilité de la technologie. Astride devra se débrouiller avec ce qui se trouve à portée de la main et saura utiliser brillamment son environnement.

En plus d’Astride et de quelques groupes de survivants qui saccagent tout sur son passage, il reste un homme, terré dans l’école où il enseigne. Celui-ci profite de sa solitude et du retour aux sources pour écrire un ouvrage qui expliquera l’humanité. Ses différents articles permettent de revenir sur certains aspects qui ont marqué notre monde et de discuter de ceux-ci. Bibliomaniaques enseignants, le roman devient ainsi une mine d’or pour ouvrir la discussion sur ce qui est essentiel et ce qui ne l’est pas. De plus, comme l’œuvre est très courte, elle peut facilement se lire à voix haute en classe.

Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage est donc un court roman que je conseille tout d’abord parce qu’il est bien écrit et que l’histoire est originale et fort intéressante malgré sa lenteur, mais aussi parce qu’il permet de prendre conscience que parfois, pour être heureux et survivre, on peut se contenter de ce qui se trouve juste autour de nous.

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« Malgré le désordre qui y règne, la bibliothèque la réconforte. « Trouve un endroit qui n’intéressera personne », avait dit son père. Cette caverne littéraire s’était imposée à son esprit. Un lieu de recueillement, de calme, d’évasion. Un endroit où elle s’est toujours sentie en sécurité. Si l’école était remplie d’écueils, la bibliothèque avait toujours été un havre. Ici, rien ne peut lui arriver » (Chroniques post-apocalyptiques d’une enfant sage, p.16).

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