Au carrefour

Jean-François Sénéchal, Leméac éditeur, Montréal, 2018, 313 pages. 

Après avoir été abandonné par sa mère à l’âge de 18 ans, Chris, jeune déficient intellectuel, vit avec sa copine Chloé. Du jour au lendemain, ce jeune adulte qui fait difficilement face au changement doit composer avec une grande nouvelle. À partir de ce moment, toute sa vie semblera débouler.

J’étais si contente de retrouver Chris, du roman Le boulevard, que je considère presque comme mon ami. Je ne le dirai jamais assez, ce jeune homme est une inspiration. Un peu comme Auggie dans le roman et le film Merveilleux, malgré ses difficultés et sa différence, il brave les tempêtes avec un sourire et un optimisme contagieux. Jamais il ne se plaint, car pour lui, tout semble avoir une raison d’être. Il contemple la vie avec des yeux naïfs et émerveillés.

« Mais on a été obligés d’attendre pendant longtemps entre les deux pays, par exemple. C’était pour que des monsieurs regardent partout dans le camion. J’imagine qu’ils voulaient être sûrs que tout était parfait pour qu’on fasse un beau voyage aux États. » (Au carrefour, p.181)

Dans ce tome, on retrouve un Chris un peu plus inquiet. Les aléas de la vie d’adulte lui sont tombés en plein visage, et ce sans crier gare. Plus de questions traversaient son esprit. Même si Chris est « en retard » comme il dit, ses questionnements face à la vie d’adulte passent par n’importe quelle tête de jeune personne de 20 ans confrontée du jour au lendemain à des obligations auxquelles elle n’était pas prête. On se rend alors compte que malgré sa différence, Chris reste avant tout un humain. Et c’est là que se cache la beauté de ce roman (et du premier, Le boulevard).

Encore une fois, l’auteur, Jean-François Sénéchal, a donné à son narrateur une voix lumineuse et ô combien attachante. Ses réflexions sur la vie, ses espoirs de retrouver sa mère, sa capacité à pardonner et à toujours avancer font de lui un personnage peu commun, mais qu’on voudrait tous et toutes côtoyer. Je te le dis, Chris, tu vas me manquer!

Pour commander le roman et encourager les librairies indépendantes du Québec, cliquez ici! Psssst! Par contre, si vous n’avez pas lu Le boulevard, je vous conseille de commencer par celui-ci. Même si vous comprendriez tout de même très bien l’histoire d’Au carrefour, profitez de la présence de Chris le plus longtemps possible. Il vous fera du bien.

« C’est normal, parce qu’à part le pénis pis le vagin, un gars pis une fille, c’est pas mal pareil. Des fois, ils sont habillés en bleu ou en rose, c’est plus facile à deviner, même si les couleurs, ça veut rien dire. C’est comme quand tu portais ta belle robe bleue, personne aurait dit que t’étais un gars en te voyant avec » (Au carrefour, p.52).

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s