Les femmes Stranger

Katherena Vermette, éditions Québec Amérique, 2023, 465 pages.

Note : 3.5 sur 5.

De génération en génération, il semblerait que les femmes de la famille Stranger voguent sur l’espoir d’une vie meilleure. À travers les voix de quatre générations, on découvre cette famille autochtone et ses impasses.

Ayant adoré le précédent roman de l’autrice, Ligne brisée, j’avais très hâte de lire son nouveau. Certes, je l’ai apprécié, mais pas autant que son autre livre, dans lequel il se passait un peu plus d’action avec l’enquête.

Dans Les femmes Stranger, l’autrice aborde toutefois une thématique fort importante, soit le trauma et les impacts intergénérationnels. À travers les voix des quatre femmes et filles Stranger, qui vivent chacune des difficultés différentes, on voit combien il est difficile de repartir à zéro. On n’aborde pas nécessairement les pensionnats qui ont créé beaucoup de dommages, mais on ressent tout de même un certain malaise et regard posé sur la famille Stranger qui, par ses origines autochtones et par ses difficultés financières, ne bénéficie pas des mêmes chances.

« Elle a longtemps essayé. Fait ce qu’on lui disait et rendu visite à ses filles quand elle y était autorisée. Les quatre d’entre elles, dans ces petites pièces nauséabondes destinées aux visites, garnies de meubles moisis et d’objets d’art autochtone de pacotille qu’on avait accrochées au mur pour donner l’impression de les connaître. »

Les femmes Stranger, p.326

La vie de ces femmes est triste, mais elle reste empreinte des traditions, d’un souci d’apprendre à connaitre ses origines. On voit les femmes évoluer dans leur misère, on les voit aussi un peu évoluer à l’extérieur de celle-ci, ayant à cœur la famille en son centre.

« Avant, Margaret croyait que c’était normal, que toutes les familles étaient constituées d’aussi nombreuses histoires tristes. Mais, en vieillissant, elle a eu l’impression que seuls les Indiens, les Métis, avaient la tristesse gravée en eux, s’échangeaient le désespoir comme de simples recettes, vivaient dévastation après dévastation, après rejet, après refus, tout ça tissé à même leur peau. »

Les femmes Stranger, p.440

Bref, c’est un beau roman, quoiqu’un peu long, aux personnages brisés, mais attachants.

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