On ne tire pas sur les fleurs pour qu’elles poussent

Catherine Girard-Audet, éditions Du parc en face, 2022, 184 pages.
Juliette Papillon vient de réaliser, après deux sessions universitaires, que le baccalauréat dans lequel elle s’est inscrite n’est pas fait pour elle. Qu’est-ce qu’on fait quand on ne sait pas où se lancer, qu’on aime avoir le contrôle sur ce qui s’en vient et, qu’en plus, on est en peine d’amour?
Je dois l’avouer, c’est la première fois que je lis Catherine Girard-Audet. Très connue pour sa série La vie compliquée de Léa Olivier, je n’avais jamais pris le temps de me plonger dans cet univers s’adressant aux plus jeunes. Ici, elle se lance dans le roman pour jeunes adultes avec cette trilogie abordant la thématique de la crise existentielle.
« Aria : Ce n’est pas en t’inscrivant à un autre programme random sur un coup de tête que tu vas trouver les réponses à tes questions, Papillon.
Moi : Mais je me sens tellement… loser.
Aria : T’es pas loser. Tu es juste lost. »
On ne tire pas sur les fleurs pour qu’elles poussent, p.90.
J’ai beaucoup aimé le format du livre (aspect qui, toutefois, selon les commentaires sur Goodreads, a déplu à plusieurs). La majorité de celui-ci est rédigée sous forme de dialogue, comme une pièce de théâtre. On plonge donc directement dans les échanges entre les personnages, ce qui évite tout flafla et nous permet de les saisir assez rapidement. Le personnage de Juliette (surnommée Papillon à cause de son nom de famille) a beaucoup de répartie, ce qui crée des échanges qui font toujours sourire. Il est vrai que le format dialogue permet moins de créer un univers bien décrit, mais comme on se situe plutôt dans une réalité assez commune (université, appartement…), il est facile de créer son univers dans sa tête.
Certes, la crise existentielle de la vingtaine est un sujet assez commun, l’abandon des études ou le questionnement sur ses choix aussi, mais ça reste intéressant à traiter, et Catherine Girard-Audet le fait bien. Ses personnages sont réalistes, attachants (sauf peut-être Loïc, l’ex de Juliette, qui est beaucoup trop égocentrique) et pas trop stéréotypés. Certes, l’histoire avance hyper rapidement, mais cela a l’avantage d’éviter de s’enfarger dans des détails. C’est aussi une histoire qui est concentrée sur le personnage principal, ne laissant que très peu de place au développement des personnages secondaires.
Bref, il s’agit d’un roman qui se lit bien. Catégorisé jeune adulte, je le suggérerais sans problème dès le deuxième cycle du secondaire!