Petits meurtres entre amis – Dérapage

Sophie Gagnon-Roberge, éditions les Malins, 2024, 236 pages.

Note : 3 sur 5.

Déjà, le plan d’Annélie était risqué : blesser son ami pour s’assurer la victoire au concours de talent de Nulle-Part. Quand celui-ci prend une autre tournure, que la mort pointe le bout de son nez, c’est la panique. Comment se débarrasser des preuves et éviter d’être coincé? Et pourquoi y a-t-il d’autres indices sur la scène de l’accident? Qui est responsable de la mort de leur ami?

Je pourrais laisser mon admiration pour Sophielit influencer ma critique. J’aurais pu laisser cette admiration influencer ma lecture. Mais j’ai décidé de lire ce titre (et de le critiquer) comme je l’aurais fait pour n’importe quel autre.

« Son cerveau tourne à toute vitesse. Il a suffi d’une phrase pour que sa normalité vole en éclats. Mais même si ce qu’Annélie lui demande est terrible, il sait qu’il le fera si c’est vraiment nécessaire, parce qu’elle a utilisé la formule magique : « Tu m’en dois une. » »

Petits meurtres entre amis – Dérapages, p.25

D’une part, j’ai apprécié le roman pour la qualité de son vocabulaire. Il n’y a pas à dire, Sophie Gagnon-Roberge écrit bien, vraiment bien! Le choix des mots est toujours judicieux, et c’est rafraichissant de voir de la littérature jeunesse québécoise écrite dans un vocabulaire moins familier. De plus, l’enquête présente dans le roman est ficelée dans les moindres détails, illustrant le travail derrière cette écriture.

Cela dit, ce dernier point rend aussi la lecture plus complexe. J’ai eu du mal à me retrouver à travers les mailles, à les tricoter ensemble. L’investigation des personnages prend plusieurs tournures, donc il m’était difficile de suivre et de relier le tout. En outre, je n’ai pas réussi à mettre en ordre les passages ajoutés au début de chacun des chapitres. Ceux-ci nous ramenaient au moment du crime, mais comme les heures n’étaient pas en ordre chronologique, ça m’a vraiment mélangée! Le fait que je lise seulement une trentaine de pages par jour a peut-être nui à ma compréhension, mais je me dis que les ados qui apprécieront ce livre seront probablement plus des lecteurices déjà aguerri.es.

D’autre part, j’ai eu plus de mal avec les personnages. Le manque de description a fait en sorte qu’il m’était difficile de les différencier, particulièrement Ed et Dash. Certes, le fait que ce dernier s’exprime souvent en anglais (et ça, c’est un détail qui m’a agacée puisque je n’en voyais pas l’utilité) permet de le reconnaitre dans certains dialogues, mais hormis ce détail, les deux garçons ne se distinguaient pas particulièrement. Aussi, le personnage d’Annélie est franchement désagréable. Son égocentrisme la rend antipathique. Je ne comprenais pas comment Dash et Ed faisaient pour l’apprécier (voire l’endurer!).

Bref, il s’agit d’un roman somme toute intéressant où on parvient à tenir le mystère longtemps, mais de façon assez complexe, dans un univers où beaucoup de personnages prennent place, sans que ce soit toujours nécessaire.

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