Elles

Pier Courville, éditions Hamac, 2024, 163 pages.
Elles, ce sont des corps, des objets qu’on critique, qu’on use, qu’on brise.
Dans ce livre se trouvent en fait diverses histoires, allant de moins d’une page à trois ou quatre. On ne rencontre donc pas des personnages, mais vraiment des objets, des corps avec lesquels on joue. Ce sont des propos dérangeants, des histoires qui lèvent le cœur.
« Son bec
À Noël, au jour de l’An, à Pâques, à l’Action de grâce, la gamine s’exécute : elle embrasse oncles, tantes, grands-pères et grands-mères sur la bouche. C’est une marque d’affection et de politesse, ce qu’on attend d’elle. Ça ne dure qu’une seconde, de toute manière.
(Elles, p.103) »
Chaque histoire étant titrée avec une partie du corps, on comprend rapidement à quoi Elles sont réduites. Ça reste criant de vérité quand on lit ces textes qui soulignent les injustices, l’impudence que vivent les femmes.
Se lisant comme un recueil de nouvelles, par petites ou grandes bouchées, ce titre de Pier Courville (elle), est écrit d’une manière crue allant parfaitement avec la bestialité de ces histoires croquées sur le vif, ces histoires dont on est témoin quotidiennement.
Bref, Elles est un livre marquant, qu’on lit toutefois non pas pour se détendre ou se changer les idées, mais pour prendre conscience de tout ce sexisme ordinaire.