Juillet n’est pas une vivace

Gabrielle Delamer, éditions Québec Amérique, 2023, 178 pages.
Marilyne accepte de laisser de côté un instant sa solitude pour recevoir d’anciens amis du secondaire à souper. Rapidement, cette soirée devient malaisante, voire oppressante, pour la jeune femme qui se voit catapultée dans son passé.
Tout se veut intrigant dans ce roman : la quatrième de couverture, le titre, les premiers chapitres qui laissent supposer un moment où l’humidité sera aussi pesante que l’atmosphère qui est, d’ailleurs, très bien façonnée. C’est ce que j’ai préféré du roman puisque cela nous permet d’entrer dans le thriller psychologique assez efficacement.
« Elle qui espérait profiter d’un samedi soir de retrouvailles, à se remémorer une époque nostalgique, se sent un peu mal à l’aise, étrangement prise au piège. Comme si c’était son procès. » (p.57)
Un des personnages lui-même, Jérôme, participe à créer cette ambiance étouffante par ses commentaires et ses gestes déplacés. Combien je l’ai détesté, et ce, même lorsqu’on revenait dans le passé!
Dans l’ensemble, j’ai bien apprécié ma lecture. On veut savoir ce qui s’est passé dans le groupe d’ami.es, pourquoi on semble faire référence à un évènement sans clairement le nommer. C’est grâce à des allers-retours dans le passé que nous pouvons en apprendre plus sur ce mois de juillet où tout s’est brisé. L’autrice glisse des indices ici et là, nous permettant de nous faire une idée de l’évènement en question. Cependant, même si je me suis intéressée à l’histoire de Marilyne, à sa détresse, je n’ai malheureusement pas réussi à ressentir sa peine. J’aurais aimé que le récit me chavire un peu plus à la fin.
Bref, c’est un roman pour adultes intéressant que nous propose Gabrielle Delamer ici, davantage connue peut-être pour ses romans pour la jeunesse chez Leméac. Même si la classification de ce roman est plus dans l’adulte, je le verrais très bien dans une bibliothèque de classe au deuxième cycle du secondaire.