Ceci n’est pas un jardin

Camille Garant-Aubry, éditions La Mèche, 2024, 130 pages.
Depuis quelque temps, ça l’envahit. Ç’a commencé tout petit, mais ça prend maintenant toute la place et c’est impossible de s’en débarrasser.
Heureux mélange entre poésie et prose, ce livre nous transporte dans un univers étouffant où la dépression et les pensées envahissantes prennent l’image d’une plante tentaculaire. La narratrice est coincée dans son appartement avec cette nouvelle végétation qui prend toujours de plus en plus de place et dont il lui est impossible de se défaire. Cette métaphore filée qu’on retrouve tout au long du livre est astucieuse et tellement évocatrice! J’ai adoré ce livre.
Le livre, merveilleusement bien écrit, passe par toutes les étapes de la dépression, partant du tout début, ce moment où on voit que quelque chose cloche, mais qu’on se dit que ça va passer, jusqu’à cette période où finalement, on demande de l’aide pour apprivoiser cette occupante indésirable.
Même si c’est un livre plutôt court, qu’on pourrait le dévorer du début à la fin, ça fait du bien de le lire par petites bouchées. C’est un récit poignant, une histoire douloureuse. Tant de passages montrent habilement la détresse!
« « elle avait l’air heureuse »
j’avais l’air/ heureuse/come on
mais en même temps/c’est vrai
je peux aller bien /juste assez
pour que tu y croies
je te l’ai déjà dit/ce sera suffisant
pour toi/et moi/je serai
une autre fille heureuse/qui part
il faudrait que je parte » (Ceci n’est pas un jardin, p.76)
Bref, si vous aimez les livres personnels, la poésie (ce livre est très accessible!), ce titre est à ajouter dans votre liste de souhaits!