Veuve chose

Michael Delisle, éditions du Boréal, 2025, 150 pages.

Note : 4 sur 5.

Jean-Marc arrive à 18 ans. Il doit donc faire son service militaire ou accomplir la corvée, c’est-à-dire servir de bourreau d’un jour. Et si aucune des solutions ne convient à Jean-Marc?

Ce roman a été, disons-le, surprenant. J’aime les lectures qui déstabilisent, qui nous plongent dans un univers frustrant et différent du nôtre. C’est ce qui nous est offert ici par Michael Delisle. Son récit nous plonge dans un monde totalitaire où tout le monde est épié par des drones, où tout le monde doit passer par le service militaire ou la corvée. C’est un livre qui, dès le début, porte à réfléchir. Seriez-vous plus service militaire pendant un an ou corvée pendant une journée?

J’ai beaucoup aimé l’écriture de l’auteur. Bien que court, le récit nous laisse suffisamment découvrir les personnages et nous y attacher. Ceux que rencontrera Jean-Marc, notamment Veuve chose, nous semblent détestables, point. Cela dit, on découvre vite l’humain derrière les bêtes qui se rendent à la potence.

« Je n’étais pas faite pour être mère, et probablement que ta mère non plus. Si ça se trouve, elle ne t’a pas abandonné, elle a excisé une tumeur de chair avant qu’on l’oblige à la nommer, elle s’est allégée d’une entrave qu’un homme lui avait greffée de force. » (Veuve chose, p.66)

Bref, c’est un roman que j’ai beaucoup apprécié. C’est surtout le genre de lecture qui mène à réflexion.

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