L’amie de mon père

Moira-Uashteskun Bacon, éditions Hannenorak, 2025, 164 pages.
Maria doit passer l’été chez son père (qui semble la détester) dans la communauté de Pimitshuan. Peu de temps après son arrivée, elle fait la rencontre d’une étrange femme qui la fait mystérieusement revenir à l’époque où son père était adolescent, quelques semaines avant une tragédie qui a marqué toute la communauté.
Je n’ai pas été tout à fait convaincue par cette lecture. Bien que l’écriture tout en douceur m’ait plu, j’ai moins adhéré à l’histoire qui voulait nous faire jouer avec le passé, comme s’il était possible de le changer. Certes, l’idée du voyage dans le temps est intéressante, mais je ne m’attendais pas à ce que la majorité du roman soit située dans l’époque de l’adolescence de Tom, le père de Maria. Il est certain toutefois que le passé a un énorme rôle à jouer dans ce qu’est devenu le personnage du père, mais j’aurais aimé voir que le fait de mieux comprendre le passé permet d’influencer le futur, ce qui n’était pas tout à fait le cas puisque le retour dans le présent se fait à la toute fin de l’histoire.
Ce qui m’a plus toutefois, c’est que, justement, quand on connait le passé de Tom, on comprend combien le trauma intergénérationnel est présent. C’est une thématique souvent abordée en littérature autochtone pour adultes, mais moins dans la littérature pour la jeunesse.
Bref, si cela n’avait pas été de l’incursion dans le passé qui m’a semblée trop irréaliste (et de l’étrange relation entre Maria et son père adolescent), j’aurais davantage apprécié ce roman. L’autrice a une belle plume et propose une histoire intrigante dans laquelle se trouve une enquête intéressante.