La chose

Elizabeth Baril-Lessard, éditions les Malins, 2025, 203 pages.
Pauline mène une vie qui la comble parfaitement dans un trois et demie avec son père, juste à côté de son meilleur ami Noa. Alors que leur première année au secondaire vient tout juste de commencer, les drames semblent s’acharner, obligeant Pauline à aller habiter chez sa grand-mère paternelle qu’elle ne connait pas.
Je n’avais encore jamais lu Elizabeth Baril-Lessard. La chose a donc été pour moi l’occasion de découvrir la plume colorée de cette autrice qui me rappelle à la fois Simon Boulerice par ses personnages hors de l’ordinaire et Sarah-Maude Beauchesne par ses expressions vivantes. C’est une façon d’écrire qui concorde parfaitement avec le public-cible de ce livre.
«Pendant que moi, je suis née avec une perruque de clown sur la tête, mon père passe ses journées à se faire caresser le visage par de longues mèches lisses. Mes gènes auraient pu être intelligents et choisir les attributs capillaires de mon papa doux, mais non, je suis pognée avec des boucles tellement serrées que j’ai la capacité de cacher des bonbons d’Halloween dedans (je le sais, je l’ai déjà fait). » (La chose, p.10)
Malgré la plume très colorée et joyeuse, j’ai été agréablement surprise par la profondeur de cette histoire (j’ai un penchant pour les histoires dans lesquelles se trouve un petit ou un grand drame). On y aborde entre autres deux thématiques importantes, soit la maladie mentale et la pauvreté.
Ce que j’ai particulièrement apprécié de cette seconde thématique, c’est qu’on s’éloigne de la simple idée que la richesse est liée à l’argent. Le personnage de Pauline, avec son quotidien qui la comble merveilleusement, nous montre que la richesse, c’est aussi l’amour. Certes, elle découvre autre chose lorsqu’elle va habiter avec sa grand-mère, mais sa vision reste la même.
Il est aussi intéressant de suivre la relation qui se crée entre la jeune fille et sa grand-mère, qui ne partagent pas tout à fait les mêmes valeurs. Il reste qu’à travers toute cette histoire, c’est la confiance entre chacun des personnages qui permet de toujours garder une petite lumière.
Bref, je suis bien heureuse d’avoir découvert Elizabeth Baril-Lessard dans cette nouvelle série s’adressant aux jeunes de 11 à 14 ans. C’est une lecture à la fois légère et profonde, comme je les aime!