Morte Rose

Sarah Lalonde, éditions Leméac, collection jeunesse, 2025, 110 pages.
La grande-mère de Zoé est morte dans son sommeil. Bien que la jeune femme s’attendait à ce moment, elle n’y était pas assez préparée. Mais peut-on réellement l’être?
J’avais très hâte de retrouver la plume singulière de Sarah Lalonde, que j’avais notamment adorée dans Trash anxieuse, livre éclaté sur l’écoanxiété et l’adolescence. Je ne peux pas admettre avoir été aussi charmée par Morte Rose, mais on y retrouve tout de même l’unicité de son autrice qui sait nous dépayser.
Le récit commence avec la nouvelle de la mort de Rose, la grand-mère de Zoé. On vit donc le deuil de la jeune femme qui perd une figure maternelle importante, sa mère ne semblant pas avoir une grande place dans sa vie. C’est toutefois aussi la relation entre Zoé et Rose qui nous est présentée à travers un moment difficile où cette dernière apprend qu’elle est malade. S’ensuit donc une préparation au deuil avec laquelle Zoé n’est pas particulièrement à l’aise (moi non plus d’ailleurs, et c’est peut-être là l’unicité du roman, sa désinvolture et la gêne qu’il nous cause).
J’étais contente de retrouver le style prose-poésie de Sarah Lalonde, ses phrases punchées et ses personnages authentiques.
« Sauf que je ne sais pas si j’en ai peur, grand-m’man. Je sais juste que si j’y pense
je sens une déchirure
entre mon plexus et mon nombril
qui s’écartille au ralenti
au-delà des limites de mon corps
et de laquelle s’écoule un vide intarissable
qui cherche à fusionner avec un gouffre
déguisé en trou noir
Est-ce que c’est ça avoir peur de la mort, grand-m’man? » (Morte Rose, p.44)
Bref, Sarah Lalonde nous propose encore une fois un titre un peu à l’écart, mais marquant.