Fab

Émilie Ouellette, éditions Petit homme, 2021, 198 pages.

Note : 4.5 sur 5.

Avec la séparation de ses mères, Fabiola n’a d’autres choix que quitter son école, sa ville et tous ses repères pour entrer au secondaire. Passionnée d’écriture, elle doit même faire un x sur le programme de création littéraire. Son année, qui ne commence déjà pas très bien, s’avère finalement bien pire!

Encore une fois, j’avais de grandes attentes pour ce roman (c’est ce qui arrive avec les réseaux sociaux!), mais cette fois, elles ont été comblées! J’ai tout aimé de ce livre : la protagoniste, le personnage secondaire de Léo, celui de la secrétaire trop gentille, de Monsieur Larouche, son écoute et sa patience, les thématiques abordées, la diversité, l’écriture punchée d’Émilie Ouellette…

On ne peut rester indifférent.e face au personnage de Fab. Son sens de la répartie et son caractère font d’elle une adolescente inspirante. Malgré ses difficultés, son côté parfois renfermé qui préfère garder tout pour elle, ses émotions n’ont pas honte de surgir, son intelligence la laisse prendre compte des conseils que les adultes lui donnent pour prendre le contrôle sur ce qu’elle vit. On retrouve en son évolution le côté battant de sa mère Manmi.

J’ai aussi grandement apprécié le personnage de Léo, qui est une aide inestimable pour Fab, mais qui sait aussi rester de côté pour laisser la protagoniste briller. On a ici une belle égalité entre nos personnages. Un gros plus aussi pour la scène finale qui brille de respect.

Encore une fois, comme je l’avais fait en lisant le deuxième tome de L’après, je salue la capacité d’Émilie Ouellette d’intégrer la diversité de manière naturelle. Avec l’homoparentalité et l’origine de Fabiola et Maya, on s’éloigne de l’hétérogénéité qui a trop longtemps caractérisé notre littérature pour la jeunesse. Ce que j’aime encore plus, c’est que ça ne frappe pas. On n’a pas besoin de mettre de pancarte lumineuse pour attirer l’attention sur la diversité. Elle fait et doit faire partie du quotidien. Un gros wow aussi pour le réalisme de tous les personnages qui partagent leurs difficultés, particulièrement à Manmi et Fab qui savent mettre leur pied à terre face aux propos et aux comportements racistes ou sexistes. On retrouve, dans ce roman, une très belle valorisation de l’égalité!

«- Fabi! Dans la vie, il va toujours y avoir des gens qui vont vouloir t’écraser pour différentes raisons. Toi, ta job, c’est de ne pas les laisser faire. Jamais. Compris? […] Pour ça, il faut que tu sois meilleure que ces gens. Pas dans le sens supérieure, mais plus t’es éduquée, mieux tu peux te défendre. Tu comprends?»

Fab, tome 1, p.143.

Je pense que je pourrais m’éterniser en vantant les qualités de ce roman. Je conclurai avec le réalisme de l’histoire, la présence suffisante de drama, avec le changement d’école de Fab, mais aussi les problèmes qu’elle y vivra. C’est loin d’être une lecture lourde ou trop rose bonbon. Émilie Ouellette a visé juste!

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