Afrodisiaque

Maryline Chery, Hurlantes éditrices, 2024, 119 pages.
À travers un dialogue humoristique, mais cru, Rhizome s’adresse au public qui incarne Mady, une adolescente de 13 ans qui n’accepte pas toujours ses cheveux naturels, symboles de sa différence.
Je ne savais pas à quoi m’attendre avec ce livre. Je lis rarement du théâtre, mais j’aime beaucoup cela! J’ai parfois peur que ce soit trop éclaté, que j’aie du mal à suivre. Avec cette pièce, ce ne fut pas le cas. Certes, on sort de l’ordinaire en ne laissant la parole qu’à un seul personnage qui, d’autant plus, n’est pas un humain (Rhizome incarne la chevelure de Mady, sa mémoire), mais c’est tellement, tellement percutant!
Certes, le point central de l’œuvre est la chevelure, mais elle incarne aussi un symbole. Celui de la différence, du racisme ambiant, de l’absence de modèles diversifiés. Par son incapacité à aimer ses cheveux au naturel, Mady illustre une incapacité à aimer qui elle est, à embrasser ses origines.
« RHIZOME
Tu ne vas pas bien ce matin. En fait, ça ne va pas depuis le déménagement. Mais là, ça va vraiment mal.
Les idées se bousculent
Dans ta tête
Dans ta tête, Mady
Ça crie fort :
« Je suis laide
Pourquoi je ressemble à ça
Tabarnak
TABARNAK
Je veux pas être Noire
Tout le monde rit de moi
Pourquoi
Pourquoi
POURQUOI? »» (Afrodisiaque, p.59)
Je ne savais pas à quoi m’attendre avec cette œuvre. Cela dit, ce que je sais, c’est que je ne m’attendais pas à être aussi sous le choc. À me dire aussi souvent que c’était ça, que c’était vrai, que c’était une excellente œuvre à mettre dans une bibliothèque de classe au secondaire.