Guerres

Charlotte Gingras, Éditions La courte échelle, Montréal, 2011, 152 pages.

Le temps est venu pour ce père de famille de retourner à la guerre. La famille, plus précisément Karine (la maman), Mathilde (le bébé), Luka (l’enfant du milieu) et Laurence (l’ainée), est laissée en suspens. On attend patiemment le retour de Nathan en lui envoyant religieusement des courriels dans lesquels on tente de le rassurer en lui disant que tous se portent bien. Mais ce n’est qu’un tissu de mensonges. Parce qu’une famille dans l’attente d’un retour de guerre est, elle aussi, en pleine guerre.

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J’ai entendu parler de ce roman à maintes reprises. Éloges après éloges, je ne pouvais m’empêcher d’embarquer dans cette vague. Et moi aussi, je n’ai que d’acclamations à faire. C’est un récit touchant, qui nous prend directement au cœur. Comment rester passif devant cette famille déchirée, ces enfants qui ne savent plus où donner de la tête? J’ai détesté la mère, comme j’ai détesté l’ainée et le petit frère d’avoir rendu cette atmosphère si pénible à la maison.

Guerres, c’est l’espoir de voir la guerre finir dans le monde, mais aussi dans la vie de chacun des personnages. C’est déchirant de voir les dommages collatéraux d’une famille qui doit accepter le départ d’un pilier important et de craindre à chaque moment de le voir aux nouvelles de 18h. Narré à la fois par Luka à la 3e personne et par Laurence à la 2e personne du singulier, on entre au plus profond des pensées, des inquiétudes, mais surtout des incompréhensions de deux jeunes qui devraient se soucier de grandir avant tout le reste.

J’embarque dans le mouvement et je vous dis, à mon tour, procurez-vous ce bijou! (et vous pouvez le faire juste ici pour encourager les librairies indépendantes du Québec)

« Il s’est mis à pleurer, ton grand petit garçon. À travers ses larmes, il marmonnait : « Je voudrais que le temps recule, je voudrais que l’avion qui a amené papa atterrisse la queue en premier, que l’autobus des soldats roule en marche arrière jusqu’à la grande salle du bataillon. Je voudrais me retrouver avec toi, Mathilde, maman et lui comme une grappe de personnes qui s’aiment, et ne plus bouger de là, jamais. » » (Guerres, p.55)

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