Moi aussi j’aime les hommes

Simon Boulerice et Alain Labonté, Éditions Alain Stanké, Montréal, 2017, 182 pages.

Dans ce récit épistolaire, Simon Boulerice, auteur, dramaturge, comédien, metteur en scène et chroniqueur à la radio, et Alain Labonté, attaché de presse et auteur, échangent sur leur perception du monde LGBTQ+, mais aussi sur leur perception du monde en général.

Bien que le titre du livre soit Moi aussi j’aime les hommes, on n’y retrouve pas que des expériences avec l’homosexualité. Les lettres que s’échangent Simon Boulerice et Alain Labonté abordent une tonne de thématiques qui nous rejoignent tous. On retrouve dans ce récit épistolaire autant d’expériences vécues que de partage de sentiments, d’impressions sur la vie et notre société (et celle d’ailleurs). C’est avec émotion qu’on lit ce que les deux hommes ont à partager sur l’intimidation, la discrimination, le culte de la beauté, le parcours créatif, l’homosexualité, la transsexualité, les stéréotypes, la solitude, les réseaux sociaux. Une foule de thèmes qui décrivent notre monde.

J’ai lu cet ouvrage assez rapidement. Les échanges entre les deux hommes étaient criant de sincérité. Je me sentais presque intruse dans leurs confidences. J’avais l’impression de lire par-dessus leurs épaules. Pourtant, je ferme ce livre avec l’envie de le décrire comme une œuvre nécessaire. Nécessaire pour mieux comprendre les avancées (et les non avancées) des droits LGBTQ+, mais aussi pour comprendre notre monde et tenter d’y tailler notre place. Chacun devrait avoir ce genre d’échange avec quelqu’un. Mieux encore, on devrait avoir cet échange avec quelqu’un différent de nous. Le retour à l’écrit nous permettra peut-être, en tant qu’humain, d’être plus ouvert à l’autre et de partager une sincérité qu’on laisse parfois de côté de peur d’être rejeté.

« Le risque que l’on court chaque fois que l’on ouvre un livre est qu’au moment de le refermer on ne soit plus jamais le même, qu’on en sorte transformé. Je pourrais presque dire que c’est un risque nécessaire que de s’enivrer de littérature pour en arriver à de beaux bouleversements naturels et essentiels. » (Alain Labonté, Moi aussi j’aime les hommes, p.157)

J’ai aimé découvrir Alain Labonté que je ne connaissais pas. J’ai aimé « aimer encore plus » Simon Boulerice qui faisait déjà partie de mes « humains coups de cœur ». Quelle générosité ont-ils eu de nous partager leurs échanges à mon avis très personnels. Prendre le temps de lire cet ouvrage, que ce soit son entièreté ou quelques passages, c’est prendre le temps d’ouvrir ses horizons et d’accepter d’embarquer dans la marche pour faire avancer notre société, mais aussi le monde.

« Tant d’exemples pour te montrer à quel point je m’impose naturellement de brouiller les idées reçues. Je le fais autant par conviction que pour changer les choses. C’est-à-dire que je crois sincèrement que les garçons sont vulnérables, que les filles ont de la poigne. Et j’ai envie de proposer autre chose que ce bleu-garçon et ce rose-fille. J’en ai même un peu marre, à vrai dire. » (Simon Boulerice, Moi aussi j’aime les hommes, p.39)

Qui que vous soyez, ce livre est une nécessité. Qui que vous soyez, connaitre le monde, vivre ses expériences, être ouvert pour avoir une opinion plus éclairée est une nécessité. Qui que vous soyez, cliquez ici pour commander cet ouvrage et encourager les librairies indépendantes du Québec.

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