Ma vie autour d’une tasse John Deere

Émilie Rivard, Éditions Bayard Canada, Montréal, 2015, 179 pages.

Étienne est un adolescent assez bien entouré. Il a des amis sur qui il peut compter ainsi qu’une mémé qui l’aime à la folie (et qu’il aime tout autant). Il est aussi chanceux de vivre à une époque où il n’a pas à cacher qu’il est homosexuel. C’est cette ouverture qui lui permettra de recueillir les confidences d’une certaine personne qu’il rencontrera. On, Étienne inclus, se rendra bien vite compte que ce n’est pas toute la société qui est ouverte avec l’homosexualité.

Ma vie autour d’une tasse John Deere est un roman très léger. C’est le récit du quotidien d’un adolescent bien entouré qui prend soin de ceux qui l’entourent. Il est intéressant de voir la relation entre les trois amis et de constater qu’ils sont tous là les uns pour les autres. C’est le genre d’amitié dont on rêve tous, particulièrement à l’adolescence lorsqu’il nous est nécessaire d’avoir des acolytes. J’ai aussi beaucoup apprécié la relation qu’entretenait Étienne, le protagoniste, avec sa mémé et les autres personnes âgées de la résidence. Il nous rappelle que nos grands-parents sont importants et que nos ainés, trop souvent seuls, en ont bien long à dire et qu’il vaut la peine de les écouter. C’est un aspect du roman qui pourrait, je crois, toucher certaines cordes sensibles et donner envie aux jeunes de donner du temps à leurs ainés.

Ce qui m’a déçue dans ce roman c’est l’absence de quête. J’avais l’impression qu’on nous lançait dans plusieurs évènements, mais qu’on ne les achevait pas. Je pense notamment à la rencontre entre Étienne la famille d’un des résidents (ou sa rencontre avec le résident lui-même!) C’est une des péripéties du roman qui était, selon moi, la plus intéressante, mais je suis restée sur ma faim. J’aurais aimé que l’auteure enlève certaines péripéties au profit de celle-ci ou qu’elle ajoute quelques pages pour donner de l’importance à cet évènement qui met une foule de sujets de discussion sur la table (je semble être vague ici et je m’en excuse, mais je tiens à ne pas vous dévoiler l’évènement en question).

Le récit est bien écrit et offre un moment de lecture agréable. Humour et sensibilité sont au rendez-vous. C’est une lecture qui n’est pas compliquée et qui nous plonge directement dans un environnement d’adolescent. J’aurais toutefois aimé qu’il y ait un peu plus de profondeur.

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« Parce que le manque de respect, ce n’est pas de traiter quelqu’un qu’on aime et qu’on estime de « vieille fifure ». C’est de prononcer le mot « homosexuel » avec dédain. C’est de le prononcer avec un goût d’amertume, comme si on avait injecté du cyanure dans le nom commun. C’est de le prononcer en se sentant malpropre, comme si le seul mot pouvait donner la « maladie ». » (Ma vie autour d’une tasse John Deere, p.10)

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