Lucrèce Borgia : une pièce de Victor Hugo

Dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal, j’ai eu la chance d’assister à une des représentations de la pièce de théâtre Lucrèce Borgia écrite par le mythique Victor Hugo (et mise en scène par Denis Podalydès). J’ai toujours apprécié le théâtre. Je trouve impressionnant de voir, tout d’abord, les comédiens entrer dans leur rôle à un point tel qu’on croirait assister à un échange réel entre deux personnes, et ensuite de voir les différentes mises en scène qui nous rappellent beaucoup le cinéma. Quand il s’agit en plus de pièces classiques, je suis encore plus intéressée! Comme je ne lis pas beaucoup d’œuvres des époques antérieures, j’aime voir leur adaptation cinématographique ou théâtrale.

J’ai vraiment apprécié Lucrèce Borgia, et ce du début à la fin. Je ne saurais soulever de points faibles. Bien sûr, le vocabulaire et les tournures de phrases étaient parfois différentes, mais c’est une des beautés de ces œuvres classiques qui datent d’il y a quelques centaines d’années. Le jeu des acteurs était incroyable et impressionnant. On pouvait ressentir leurs émotions jusque dans nos tripes. Chacun d’eux semblait naturel. C’est d’ailleurs un des aspects de la pièce que j’ai préféré : on n’avait pas l’impression d’être au théâtre, mais bien d’assister à une scène de ménage alors qu’on n’y est pas invité. On était les espions de ces engueulades et de ces questionnements. Les décors étaient également à couper le souffle. Ils n’étaient pas très extravagants. Ils étaient fidèles à l’époque et à l’histoire, et ils n’enlevaient pas la vedette aux acteurs. C’est eux qu’on regardait, et non pas le décor.

Lucrèce Borgia met en scène une femme détestée par bon nombre de personnes pour les crimes qu’elle a commis et pour ses nombreuses relations incestueuses. Elle va à la rencontre de son fils lors d’un bal masqué. Alors qu’il ne sait pas qu’elle est sa mère, ce fils ne peut nier ressentir quelque chose pour cette femme. Un quelque chose qui les unit, sans pouvoir expliquer ce que c’est. Quand il découvre que cette dame est Lucrèce Borgia, il ne peut que la détester, ce qui brise le cœur de Borgia. La pièce nous emmène donc à travers ces questionnements qui tiraillent Gennaro, le fils de Lucrèce, et l’inquiétude de celle-ci de voir son fils la renier. Elle fera tout pour qu’il reconnaisse qu’elle n’est pas qu’une mauvaise femme.

Bien que ce soit une pièce dramatique, certains moments ont bien fait rire le public. Le personnage de Gubetta entre autres, qui était extrêmement bien joué, prenait toute cette histoire à la légère. Pour ce qui est de Lucrèce Borgia, même si elle voulait plus que tout recevoir une pointe de reconnaissance de son fils et changer pour devenir une meilleure personne à la face du monde, je n’ai, à aucun moment, réussi à l’aimer (je fais référence ici au personnage et non à la comédienne, qui était très talentueuse!). Son désir ne me semblait jamais sincère. Autant il est agréable, voire nécessaire, d’apprécier ou de se reconnaitre dans un personnage pour aimer l’œuvre qu’il peut devenir intéressant lorsque, au contraire, on en déteste un plus que tout.

J’ai adoré Lucrèce Borgia, vraiment. C’était une pièce bien mise en scène et bien jouée. L’histoire était haletante et les deux heures que cela a duré ont passé à une vitesse folle. Quel plaisir de vivre ce classique! À voir, à lire ou à redécouvrir, absolument!

La troupe est sur scène jusqu’au 4 aout. Cliquez ici pour réserver vos billets!

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