Guatemala, Québec ou l’impossible rencontre

Sylvie Desrosiers, Éditions Bayard Canada, Montréal, 2016, 194 pages.

Tom, Sacha, Lucius, Sonia et Lee étudient dans un collège privé. Ils vivent dans des familles bien nanties. Comme leur voyage au Guatemala est annulé à cause d’une crise politique, Tom propose d’aller aider les élèves de l’école publique dans le bas de la ville. Ils y passeront donc une semaine et vivront dans une famille moins nantie. Sympathy, Yannick, Tahfa et Kevin recevront donc le groupe de l’école privée et ils sont loin d’être enchantés à l’idée de voir les « snobs » débarquer.

J’aimais beaucoup l’idée du roman, c’est-à-dire de confronter deux milieux de vie différents dans l’espoir de voir chacun des membres ouvrir ses horizons. J’ai été déçue de voir que les personnages et leurs idées étaient très stéréotypés. J’ai trouvé que les élèves de l’école privée étaient fermés, qu’ils se plaignaient beaucoup et que leurs parents avaient le jugement facile. Seul le personnage de Tom sortait un peu du lot. Malheureusement, sa mère n’était pas aussi ouverte.

J’ai également eu un peu de mal avec la confrontation école privée – école publique. L’idée était trop clichée. J’aurais été plus à l’aise qu’on confronte la pauvreté à la richesse que le privé au public. Il est vrai que certaines écoles privées ont plus de moyens que les écoles publiques, qu’elles peuvent offrir certaines choses que les écoles publiques ne peuvent pas offrir. Par contre, j’ai trouvé qu’on poussait le stéréotype trop loin, qu’on creusait un peu trop le fossé entre l’éducation privée et l’éducation publique. Ce qui m’a le plus agacé je crois est que les élèves de l’école privée n’étaient pas peints de manière très positive. Oui, certains finiront par vivre eux aussi leur lot de problèmes et se retrouveront dans les élèves de l’école publique, mais leur personnalité, leurs opinions changent peu. Lors de leur retour à la fin, ils font preuve d’une vision plus ouverte, mais je n’ai pas senti cette ouverture pendant le roman. Ce ne sont pas des personnages que j’ai voulu aimer.

Le roman n’est pas qu’une déception. J’ai beaucoup apprécié la relation que certains élèves ont réussi à bâtir, de même que l’influence qu’ils ont eue les uns sur les autres. Je me répète : l’idée est excellente! Par contre, j’aurais aimé qu’on brise un peu plus les clichés et qu’on enlève ce mur entre la richesse et la pauvreté.

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« S’il était allé au Guatemala, il serait revenu indigné à cause de la condition faite aux pauvres du tiers-monde; mais ce monde-ci, comment le définir? Il est là depuis moins de quarante-huit heures et il sait que, même si Kevin et les autres parlent la même langue, ils sont différents. Plus mûrs. Plus durs. Moins naïfs. Moins protégés. » (Guatemala, Québec ou l’impossible rencontre, p.69)

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