Et au pire on se mariera – Le film

Et au pire on se mariera est la première œuvre de Sophie Bienvenu que j’ai lue. Je l’avais découverte dans mon cours Premiers romans à l’université. Je ne saurais trop dire pourquoi, j’ai toujours aimé ces histoires d’adolescentes en détresse. J’ai donc adoré le roman. Lorsque j’ai su qu’il serait adapté au cinéma, j’ai attendu la sortie avec impatience. Et quand, en plus, j’ai su que c’est l’actrice Sophie Nélisse qui jouerait le rôle d’Aicha, j’ai été encore plus impatiente de voir ce roman adapté à l’écran.

Lorsque je regarde une adaptation cinématographique d’une œuvre littéraire, je n’ai aucune attente précise. Je suis consciente des libertés que peut prendre le producteur, de sa vision qui pourrait être différente de la mienne.

Je n’ai pas été déçue par le film qui se rapproche beaucoup du roman. On y retrouve le monologue d’Aïcha en parallèle à ce qui s’est passé (réellement ou selon ses mensonges). Certaines scènes sont donc tournées dans un petit local où la protagoniste raconte sa version des faits à une femme, qu’on soupçonne être une enquêtrice ou une travailleuse sociale. Les autres scènes nous font revivre le passé d’Aïcha, sa relation avec Baz ainsi qu’avec sa mère. Ma déception est dans les transitions. Certaines scènes du monologue sont à mon avis coupées trop sèchement. Comme si on n’avait pas laissé la scène se terminer en douceur.

J’ai également été un peu déçue par l’actrice principale. Je l’ai trouvée extraordinaire dans 1 :54 et dans La voleuse de livres, donc j’avais beaucoup d’attentes avec ce film puisque Aïcha est un personnage très particulier. Les scènes de monologue m’ont un peu laissée sur ma faim. Je suis consciente de la complexité de ce genre de scène, mais je m’attendais tout de même à un petit peu plus. L’actrice n’a pas su me partager adéquatement les sentiments de son personnage. Par contre, dans toutes les autres scènes, j’ai été, encore une fois, agréablement surprise par son talent. Elle a su nous faire détester son personnage et nous manipuler comme elle le fait si bien avec Baz.

Ce qui est intéressant dans ce film (et dans ce roman) est la ligne très floue entre la vérité et le mensonge. Aïcha est une menteuse compulsive. Elle ment pour manipuler les gens, pour les forcer à l’aimer. Je pense notamment à Baz qui a tellement pitié d’elle qu’il ne peut que vouloir l’aider malgré les conséquences que cela engendre. Le film nous laisse ainsi avec plusieurs questionnements, donc avec plus d’une vision différente.

D’ailleurs, c’est à la première du film que j’ai assisté, donc l’auteure, Sophie Bienvenu, de même que Léa Pool, la réalisatrice, étaient présentes pour répondre à nos questions. Une personne dans la salle a notamment mis sur la table un questionnement intéressant : pourquoi Baz continue-t-il d’aider Aïcha ainsi? Il a été très pertinent de voir les différentes opinions. Chacun avait une impression différente du personnage. C’est ainsi pour tout le film. On en ressort avec un jugement personnel, une opinion teintée de nos valeurs et de nos connaissances.

Alors, pour cette dernière raison, mais aussi pour le plaisir de voir une œuvre littéraire québécoise complexe et pertinente au cinéma, c’est un film que je vous conseille de voir!

 

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