Tu aimeras ce que tu as tué

Kevin Lambert, éditions Héliotrope, 2017, 210 pages.

Faldistoire habite à Chicoutimi, cette ville où les drames s’enchainent. La mort semble planer au-dessus de cette municipalité sans vie. Dès le primaire, le jeune garçon voit ses amis mourir, pour finalement revenir prendre la place qu’on leur a volée. On suit Faldistoire de son primaire jusqu’à la fin de son secondaire. Une vie pendant laquelle il côtoiera la mort et la sexualité.

« Le Lycée qui fait payer le test d’admission, l’inscription à chaque année, l’uniforme qu’il faut changer aux deux ans parce qu’on grandit trop vite, les shorts et le t-shirt d’éducation physique à cause du nouveau logo, chaque activité parascolaire et le matériel nécessaire. Le Lycée, une business déguisée en école, avec toutes les bonnes intentions – fausses – des professeurs qui, un jour dans l’année, font semblant de pas s’en foutre : à la visite de parents. » (Tu aimeras ce que tu as tué, p.140)

Ce roman est très particulier, et c’est ce qui m’a plu. Les thématiques abordées sont crues, mais traitées sans voile. Le personnage de Faldistoire a des réflexions violentes, tant par leur honnêteté que par leur caractère. Comme le titre le laisse bien présager, la mort prend une place très importante dans le récit. Les personnages y sont confrontés à maintes reprises, et ce de façon très tragique. Or, bien qu’elle soit omniprésente, elle ne rend pas le récit lourd pour autant. Pour Faldistoire, le narrateur, il s’agit presque d’une routine. La sexualité, plus précisément l’homosexualité, prend aussi une place de premier plan. Un peu comme si le personnage tentait de passer par celle-ci pour devenir plus vivant, pour accepter la fatalité de cette ville sans vie.

Ce qui m’a le plus troublée dans ce roman, c’est la présence d’un personnage nommé Kevin Lambert. C’était la première fois que je lisais un roman dans lequel l’auteur créait son propre personnage. En plus, celui-ci n’est pas des plus reluisants. Il n’obtient pas un rôle de héros, bien au contraire. Sans être nécessairement méchant, il est l’incarnation même des deux thématiques prépondérantes de l’histoire, ce qui lui confère une place assez centrale. Je serais curieuse d’en savoir plus sur les motivations de l’auteur d’intégrer son nom ainsi dans son texte.

J’ai vraiment aimé ce roman, mais je ne le considère pas accessible. Sa particularité, ses thématiques, son vocabulaire très cru font en sorte que je le conseillerais à un public averti. À des personnes qui n’ont pas froid aux yeux, qui ont une certaine ouverture en littérature et qui sont prêtes à tout. C’est déroutant, suggestif, mais ô que c’est bon!

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