Leslie et Coco (trilogie)

Marie Demers, éditions Hurtubise, 2019, 242 pages.

Note : 4 sur 5.

Lorsque Leslie a terminé le secondaire, elle a quitté la Gaspésie, et sa meilleure amie Coco, pour Montréal où elle commence ses études post-secondaires pendant que Coco termine le sien. Les deux filles se retrouvent lors d’un séjour dans la grande métropole, après le bal de finissants de Coco. À travers leur amitié, elles tenteront de vivre cette séparation, mais aussi l’entrée dans la vie adulte.

La plume de Marie Demers est jeune et rafraichissante. J’aime beaucoup y retrouver des expressions communes, des mots trafiqués comme « cochemolat » (p.45), qui me rappellent ma propre expression. L’autrice sait ancrer ses histoires dans la culture populaire, autant par ses thématiques que ses références. Dans ce roman particulièrement, nos deux protagonistes sont de grandes lectrices. Elles partagent donc avec nous leurs lectures, qui sont autant actuelles, Rupi Kaur, que classiques, Annie Ernaux.

« Sauf que je te jure qu’il est beau. À sa façon spéciale à lui. […] Pas d’une beauté qui avale l’espace et accapare tous les regards. Juste beau comme… Comme quelqu’un qui existe pour vrai! Et il est tellement drôle. Mille fois plus drôle que moi (alors que, comme tu sais, je suis presque aussi drôle que Peter McLeod)! (Leslie et Coco, p.33)

La relation qui unit Leslie et Coco est enviable. Malgré la distance qui les sépare, elles prennent le temps de s’écrire de longues lettres, dans lesquelles elles partagent – presque – tous les pans de leur vie. Alors que Coco est fidèle à elle-même, qu’elle respecte ses convictions et qu’elle s’assume totalement, Leslie est plus influençable, plus effacée. On pourrait être surpris de voir qu’elles s’entendent aussi bien, mais comme elles le disent elles-mêmes, elles sont « complémentaires ».

Outre la relation qu’entretiennent les protagonistes, j’ai grandement apprécié leur quête individuelle. Chacune des filles doit affronter des problématiques du quotidien, des difficultés personnelles qui viennent entraver leur relation. C’est là qu’on constate toute la force qui les unit.


Leslie

Marie Demers, éditions Hurtubise, 2021, 280 pages.

Note : 3 sur 5.

Dans ce deuxième tome, on rejoint Leslie, en pleine Gaspésie, alors que Coco a quitté le village pour ses études à Québec. On retrouve donc la relation d’amitié à distance des deux filles, nous concentrant toutefois davantage sur Leslie et sa réparation.

Je n’ai malheureusement pas été aussi charmée par cette suite. Ayant adoré l’histoire d’amitié entre Leslie et Coco, on la perd ici un peu de vue en dépit des problématiques personnelles de Leslie. Certes, l’amitié qui se crée entre elle et Alice est apaisante, mais on reste beaucoup dans le cheminement de Leslie. D’ailleurs, j’aurais aimé que la narration se fasse à la première personne, qu’on pénètre un peu plus dans les pensées de la protagoniste, qu’on chemine avec elle plutôt qu’à titre de témoin.

« Elle voudrait retourner à cette époque où elle ne pensait pas aux calories. Ni prises ni dépensées. Quand les chiffres ne collaient pas à sa pensée comme des papillons de nuit sur une ampoule.

Quand la vie était aussi simple que d’écouter son corps.

Ses faims, ses envies. » (Leslie, p.209)

Cela dit, j’ai adoré la fin. Elle m’a bouleversée, mais je l’ai adorée. Elle me laisse croire que la suite, qui portera sur Coco, sera très touchante.

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