Dix jours

Brigitte Huppen, éditions Bayard Canada, collection Crypto, 2020, 253 pages.

Comme les parents d’Anya sont séparés, la jeune fille ne voit son père que pendant les vacances estivales, où elle lui rend visite à Vancouver. En plus de se retrouver loin de ses amis, elle doit sans cesse marcher sur des œufs, par peur de faire exploser la colère de son paternel. Déjà, ses vacances ne riment pas avec le plus grand des bonheurs. Alors qu’elle vient d’entrer au secondaire, Anya doit remettre un travail sur ses vacances et y raconter son plus beau souvenir. Or, cet été fait plutôt remonter des larmes en elle.

« Ma vie reste pareille une fois le disque terminé. Et ce, même si je l’écoute vingt fois d’affilée. » (Dix jours, p.155)

Dès le début du roman, on sait qu’Anya a un gout amer par rapport à son père et à ses vacances d’été. Toutefois, on ne sait pas exactement ce qui s’est passé avant d’arriver à la fin de l’histoire. Petit à petit, la narration nous fait revivre ces deux mois nous permettant de brosser un portrait de son père Franck et de la relation houleuse qu’il entretient avec sa fille. J’ai été outrée par le personnage du paternel à plus d’une reprise à cause de son attitude. On constate à quel point Anya est psychologiquement maltraitée. Par contre, j’ai trouvé qu’on effleurait trop leur relation. On n’y entrait pas suffisamment en profondeur pour comprendre où tout cela a commencé. J’ai eu l’impression d’arriver dans leur vie, d’en apprendre un peu, puis de repartir sans avoir d’idée claire.

Le roman, qui nous fait revivre l’été d’Anya, nous plonge aussi dans la passion pour la musique que partagent son père et elle. La narration est donc ponctuée de paroles de chansons qu’ils aiment. J’ai beaucoup aimé l’idée, cela dit je n’ai pas trouvé que les paroles apportaient quelque chose à l’histoire.

Dans l’ensemble, le roman ne m’a pas comblée. J’ai trouvé l’histoire décousue. On s’emmêlait dans différentes problématiques vécues par Anya au lieu d’en approfondir une seule, soit celle de la relation avec son père. Pour moi, l’autrice a voulu en faire trop. De plus, je n’ai pas été convaincue par la narration. Au début du livre, on nous promet un univers narratif des années 1970-1980, mais je n’ai pas eu l’impression de m’y retrouver pendant ma lecture. J’aurais aimé trouver des expressions typiques, des références culturelles. À part le style disco de la narratrice et sa découverte des Sex Pistols (qui est très peu traitée au final), je ne me suis pas sentie revenir à une époque différente.

Bref, Dix jours est un roman plein de potentiel, qui m’a cependant beaucoup déçue.

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