Et j’ai crié sur les murs de ta ville

Maé Senécal, éditions Petit homme, 2020, 408 pages.

Note : 3 sur 5.

Depuis qu’un froid glacial s’est créé entre sa mère et elle, Riley habite chez Jules, un ami de longue date, bras droit d’un proxénète. Elle squatte donc une chambre dans un immeuble où se retrouvent de jeunes prostituées consommatrices. Prise dans un tourbillon d’impuissance, la jeune femme semble apercevoir la lumière au bout du tunnel lorsqu’elle rencontre Phil.

Si je me fie à Bookstagram, ce roman a fait sensation. Un réel coup de poing dans le cœur d’un bon nombre de lectrices et de lecteurs. Cela dit, ça n’a pas été le cas pour moi. Je l’ai aimé, certes, mais mon appréciation n’atteint pas celle de la majorité.

Tout d’abord, j’ai beaucoup aimé la plume de Maé Senécal. Ses réflexions imagées, son regard lucide et mature sur notre monde brisé. Elle a su relever de nombreuses problématiques de notre société. Cela dit, j’ai eu l’impression, pendant le premier quart du roman, que l’histoire se voulait un lieu de dénonciation, ce qui m’a agacée.

Ensuite, j’ai malheureusement eu du mal à m’attacher aux personnages, notamment celui de Riley, qui est très complexe. Je ne sais pas si ce sont ses nombreuses réflexions ou l’absence de description qui a fait en sorte que je ne la comprenais pas tout à fait, mais elle n’a pas réussi à venir me chercher avant la toute fin, où elle se dévoile un peu plus. Par contre, j’ai beaucoup apprécié son côté artistique, ses peintures murales clandestines. J’en aurais pris plus! J’aurais aimé que le roman tourne davantage autour de cet aspect qui est, à mon avis, la force de l’histoire. Il y a aussi le personnage de Phil, qu’elle rencontre au début, qui me chicotait. Trop rapidement, on nous laisse comprendre qu’il a un côté sombre et on jongle sur celui-ci pendant presque l’entièreté du roman alors qu’il agit comme un réel prince charmant. Je ne savais pas si je pouvais lui faire confiance, et je ne comprenais pas Riley de faire fi de l’évènement dont elle avait été témoin.

Puis, dans l’ensemble, j’ai trouvé que c’était parfois trop. Que l’autrice avait voulu tout dénoncer en même temps, tout faire vivre à son personnage (je suis consciente que c’est ce que vivent certaines personnes, mais dans un livre, qui se passe sur un court laps de temps en plus, j’ai du mal à y croire). De nombreux sujets sont abordés, les effleurant alors tous sans les approfondir.

Bref, il s’agit d’un avis très personnel. Comme je vous l’ai mentionné au début de l’article, Maé Senécal a signé un roman qui a conquis un grand nombre de lectrices et de lecteurs. Je l’ai aimé, moi aussi, bien que ce ne soit pas, pour moi, une découverte.

« Nous vivons tous notre propre dose d’adrénaline, à des moments bien différents. Des millions d’individus nous entourent tous les jours, vivant leurs propres problèmes. Nous ne sommes pas seuls à souffrir comme des putains de victimes. Nous ne sommes pas seuls à pleurer toutes les larmes de notre corps le soir avant de nous endormir. Des milliers de personnes vivent des malheurs bien plus chiants que les miens, là, sous mes yeux, en cet instant précis.

Je ne suis pas seule et je ne le serai jamais. (Et j’ai crié sur les murs de ta ville, p.152) »

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