Pleurer au fond des mascottes

Simon Boulerice, éditions Québec Amérique, collection III, 2020, 185 pages.

Note : 3.5 sur 5.

Simon Boulerice, qu’on connait notamment comme auteur prolifique, nous émeut aussi par son sourire contagieux, ses splits à la télé et son énergie constante. N’est-ce qu’une façade? Dans ce livre très personnel, l’auteur nous fait part de son parcours en théâtre et de l’influence qu’a eu ce rêve qu’il caresse depuis longtemps sur sa vie et sur l’image qu’on se fait de lui.

Il faut dire que j’aime beaucoup le principe de la collection III qui permet à des auteurs.trices de revisiter trois souvenirs marquants et d’y glisser, à leur guise, des faits un peu plus romancés. Déjà, la plume de Simon Boulerice nous fait valser dans des univers toujours très imagés, c’est encore le cas ici alors qu’on s’incruste dans son passé.

Même si par ses romans, ses pièces et ses poèmes, on reconnait d’ores et déjà la sensibilité de Simon Boulerice, dans ce récit plus intime, on visite encore plus cet aspect de sa personnalité en fouillant derrière ce sourire qui nous semble éternel. Cependant, malgré les intrusions plus nostalgiques, on comprend que l’auteur ne se cache pas derrière son sourire, mais qu’il est ce sourire. À la fois ai-je parfois eu l’impression que c’était une mascarade (mot qu’il utilise d’ailleurs à plusieurs reprises, d’où le lien qu’on peut créer avec son expérience de mascotte) cachant des peines profondes, à la fois ai-je plutôt compris qu’il n’était nul autre que ce guilleret.

« Ce sourire est quoi, sinon un paravent derrière lequel je me change sans qu’on ne voie rien? » (Pleurer au fond des mascottes, p.18)

Comme on navigue sur cette ligne floue entre la réalité et la fiction avec cette collection de Québec Amérique, Simon Boulerice nous laisse encore nous balancer entre le comédien et l’homme, entre la mascotte et son être. On ne lit pas ce livre pour satisfaire notre curiosité parfois malsaine. On le lit pour mieux lire l’auteur, pour apprécier différemment sa présence, ses mots.

Pénétrer dans le passé de Simon Boulerice, c’est aussi plonger dans tout un bain culturel. Parsemé de citations et de réflexions qui ont marqué qui il est, le récit ne tombe pas pour autant dans le name dropping. J’ai lu en diagonale quelques passages qui me parlaient moins, mais n’est-ce pas là l’un des 10 droits du lecteur de Pennac? J’ai tout de même surligné de nombreux extraits que je veux relire.

Bref, si vous appréciez la sensibilité de Simon Boulerice, vous serez charmé.e par ce récit fragmenté plus personnel.

2 Comments on “Pleurer au fond des mascottes”

  1. C’est top cette idée de collection ! Cest spécialisé dans les auteurs et autrices québécois ? 🤗

    Autrement, je valide pour le droit du lecteur de Pennac ! Ça m’a permis à plus d’une reprise d’apprécier un roman, pour lequel, si je m’étais forcée à lire chaque mot, j’aurai pu finir un poil blasée 😂

    Aimé par 1 personne

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