La Corriveau – La soif des corbeaux

Jeudi dernier, j’ai assisté à la présentation de la pièce de théâtre musical La Corriveau – La soif des corbeaux, présentée au Carré 150 à Victoriaville. Déjà, j’arrivais avec de hautes attentes vu mon grand intérêt pour les légendes québécoises. J’en suis ressortie comblée!

La plupart connaissent la Corriveau grâce à la légende québécoise. Moi la première, tout ce que je connaissais de cette histoire (que je savais tout de même exagérée) était que Marie-Josephte Corriveau avait tué ses maris. 2? 3? 7? Qu’à cela ne tienne, selon la légende, la Corriveau, c’est une sorcière qui met le grappin sur les hommes de son village et qui leur enlève le droit à la vie.

Ce spectacle du Théâtre de l’Œil ouvert nous présente certes la légende de la Corriveau, mais fait surtout l’éclaircissement de cette histoire qui nous ramène à bien des problèmes actuels. On y aborde notamment la violence conjugale, mais aussi le féminisme et le pouvoir. J’ai adoré les parallèles faits avec l’actualité, la nécessité de rappeler qu’il est facile de condamner quand on a aucune preuve, qu’il est facile d’accuser celle qui ne rentre pas dans le moule, qui fait un pas de travers. Même si l’histoire de Marie-Josephte Corriveau prend place dans les années 1700, des années où le rôle de la femme était hyper contrôlé, beaucoup de paroles rapportées pèsent encore aujourd’hui.

J’ai également grandement apprécié la manière dont on a mis en place les corbeaux, celleux qui ont le jugement facile, qui se nourrissent des ragots, qui épient pour mieux dévorer. Les parallèles qu’on peut faire avec les médias d’aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, est fascinant!

Un théâtre musical

Cette pièce d’environ deux heures nous présente de nombreuses chansons originales qui s’insèrent très bien dans la trame narrative. Que ce soit par le procédé musical du canon ou par les paroles elles-mêmes, chaque performance vient ajouter à la notre compréhension de l’histoire, mais aussi à la montée dramatique de celle-ci.

Les comédien.ne.s jouent plus d’un rôle dans la présentation. Chacun.e a son rôle principal, mais avec le changement de costume très subtil (mais facilement remarquable), iels incarnent aussi les corbeaux, ces britanniques qui prennent le contrôle de la petite ville de Saint-Vallier, ainsi que les villageois.e.s avares de ragots et prêt.e.s à tout pour lyncher la victime sur la place publique.


Il y a bien quelques détails qui m’ont moins plu dans cette pièce (je pense au personnage très exagéré de maitre Corbeau qui ajoutait une touche d’humour qui me plaisait moins ainsi que les anachronismes dont je n’ai pas compris l’utilité), mais je n’en garde qu’un bon souvenir. D’ailleurs, il est toujours possible d’assister au spectacle au Carré 150 à Victoriaville, et ce, jusqu’au 20 aout!

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