La bête à David Goudrault

La bête à sa mère, Éditions Stanké, Montréal, 2015, 230 pages.

La bête et sa cage, Éditions Stanké, Montréal, 2016, 240 pages.

La bête, c’est un homme au passé déprimant et au présent troublant. Balloté de famille d’accueil en famille d’accueil après les – nombreux – suicides de sa mère, il a su laisser sa marque chez ceux qui l’ont tenu dans leurs bras. La bête à sa mère, c’est la recherche d’une maternelle qui serait encore vivante, et qui serait peut-être la seule lumière au bout d’un tunnel si épineux. La bête et sa cage, c’est le récit d’une vie carcérale avec les « coucous » où l’espérance de se démarquer pousse la bête à sortir un peu plus les griffes.

Je n’ai pas réussi à complètement détester la bête malgré tous les gestes qu’elle a pu poser. L’auteur sait nous faire apprécier son personnage délirant. Comment rester impassible devant cette bête brillante, mais écœurante? Accepter de lire le récit de La bête, c’est accepter de faire face à une écriture directe, mais bourrée d’émotions. Le narrateur ne fait que partager sa réalité, aussi nulle soit-elle.DSCN0474

David Goudreault est un auteur que j’admire. Son écriture est franche, on lit de vrais récits, de vrais mots. Avant tout slammeur et travailleur social, l’auteur a été une belle découverte pour moi. Je me suis laissé emporter par la vie de son protagoniste, j’ai traversé ses chemins broussailleux. Je l’ai détesté par moments d’être aussi détestable, mais je l’ai aussi compris de vouloir se venger de son passé. Parce qu’au fond, derrière chaque bête se cache un humain!

Si vous n’avez pas froid aux yeux et que vous voulez vous embarquer dans le récit de la bête en plus d’encourager les librairies indépendantes du Québec, cliquez ici et ici.

« La vie, ce n’est pas une boite de chocolats, c’est une poutine. On a rarement un goût pur, distinct. Tout est pogné, mélangé ensemble. Un peu plus de frites ou de fromage dans ta bouchée, mais ça baigne toujours dans la sauce. Pareil pour la vie et ses problèmes ; l’alcoolo vient avec un peu de dépression, l’anorexique pratique l’automutilation, le schizophrène marine dans la pédophilie entre deux psychoses. Les obsédés de l’évaluation clinique appellent ça de la comorbidité. Moi, j’appelle ça la triste réalité. » (La bête et sa cage)

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