La vie devant soi

Romain Gary, Gallimard, Coll. Folio, 1982, 274 pages.

Momo, jeune arabe, vit chez madame Rosa, une vieille juive qui garde des « enfants de pute ». Ceux-ci vivent dans un immeuble à plusieurs étages avec lesquels la vieille femme tente de se battre chaque jour. Les escaliers deviennent de plus en plus difficiles à monter et sa santé ne lui permet plus de se déplacer sans l’aide des voisins. Malgré sa souffrance, madame Rosa refuse de croupir dans un hôpital où on la gardera en vie artificiellement. Momo, quant à lui, malgré la lourdeur d’atmosphère chez madame Rosa, ne peut s’empêcher de rester auprès de la vieille femme et de la défendre auprès des médecins. Il travaillera à la garder chez elle, coute que coute.

Les personnages de ce roman sont particuliers. Momo, qu’on ne connait pas plus que lui-même ne se connait nous apparait comme un enfant dépossédé de tout, mais pourtant incroyablement brillant. Ses paroles naïves mais justes m’ont fait rire autant qu’elles m’ont touchée. Madame Rosa, quant à elle, qui est dépeinte comme une vieille femme au physique ingrat et à la personnalité parfois insensible, réussit toutefois à venir chercher un petit pincement au fond de nous.

Ce qui est intéressant de ce roman, c’est la nécessité inexplicable qu’ils ont d’être ensemble. Malgré ce qui se passe dehors, malgré le besoin parfois urgent pour Mohammed de retrouver ses racines, il ne peut s’empêcher de laisser madame Rosa seule trop longtemps. Les deux personnages sont aimantés l’un à l’autre. C’est comme ça, un point c’est tout. C’est un amour qui va au-delà de l’âge, au-delà des sexes, au-delà de la religion et des cultures.

La vie devant soi est un récit qui nous rappelle que l’amour ne devrait se résumer qu’au besoin d’être avec une autre personne, malgré tout. Un récit nous rappelant que l’amour se vit les yeux fermés.

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« J’ai léché ma glace. Je n’avais pas le moral et les bonnes choses sont encore mieux quand on a pas le moral. J’ai souvent remarqué ça. Quand on a envie de crever, le chocolat a encore meilleur goût que d’habitude. » (La vie devant soi, p.125)

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