Retour sur le Salon du livre de l’Estrie 2016

Du 13 au 16 octobre 2016, c’était le Salon du livre de l’Estrie. Comme à chaque année, une programmation variée nous était offerte ainsi que la présence de plusieurs maisons d’éditions. Je vous partage ici mes compte-rendu des quelques conférences et ateliers auxquels j’ai assisté.

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Cette conférence donnée par l’organisme Communication Jeunesse tentait de nous faire reconnaitre qu’il fallait mettre le plaisir de lire plus de l’avant dans nos classes. Rares sont les moments de lecture gratuits. Approcher le livre par la compréhension du texte nuit à développer un plaisir de lire chez nos élèves. L’organisme nous a donc proposé son approche de médiation par la lecture, une approche ludique, culturelle et collective. Pourquoi ne pas instaurer des activités en classe? La conférencière parlait entre autres de renforcer l’image du lecteur, de valoriser la variété des ouvrages ET des activités, et de promouvoir la continuité. De cette conférence, je crois qu’il faut surtout retirer l’importance de laisser des moments de lecture gratuite et que les activités autour de la lecture permettent aux élèves de travailler l’œuvre davantage qu’avec un test de compréhension.

Communication Jeunesse fête ses 45 ans. Pour l’occasion, ils ont créé un joli calendrier avec toutes les illustrations qui ont marqué leurs anniversaires. Il vous est possible de le commander juste ici. L’argent recueillie par la vente des calendriers servira à financer des programmes de médiation de la lecture.

Rencontre d’auteur avec Biz, animée par David Goudreault

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Biz et David Goudreault

Biz était un des auteurs à l’honneur au Salon. Dans cette courte entrevue, David Goudreault lui a entre autres posé des questions sur son dernier roman Naufrage, de même que sur son travail d’auteur (on a d’ailleurs eu un petit aperçu de l’histoire de son 5e roman où un professeur de littérature, spécialisé en cynisme, est blasé par ses étudiants et ne parvient pas à comprendre son fils de 20 ans. C’est une grève étudiante qui viendra changer sa perception de la jeune génération). J’ai trouvé l’auteur authentique. Pas question ici d’un auteur qui se promène les fesses serrées et qui censure tout ce qu’il a à dire. On a eu droit au Biz de Loco Locass, à Biz l’auteur, mais surtout à un homme vrai. J’ai apprécié sa sincérité face à son écriture, ses réflexions par rapport à la lecture et à ses inspirations. Bien qu’il ait beaucoup fait part de ses opinions politiques dans Loco Locass, dans ses romans, il tient à ce qu’on « oublie la fleur de lys qui lui pendait au-dessus de la tête et qu’on reconnaisse Biz l’auteur, celui qui se met dans la peau de ses personnages ». Il considère qu’avec les expériences d’écriture, il a affiné son style et que son dernier roman, Naufrage, est mieux écrit que les autres. Grand fan de Michel Houellebecq, il aime intégrer des références culturelles à ses œuvres, car c’est un moyen d’ajouter ces artistes à la mémoire collective et de définir ses personnages.

Cette rencontre d’auteur m’a encore plus donné envie de découvrir Biz. J’ai hâte de me plonger dans la lecture de deux de ses romans à côté desquels je n’ai pu passer (Naufrage et La chute de Sparte). Je ne doute pas une seconde que je les apprécierai, mais si, par malheur, ce n’était pas mon style, je n’hésiterais pas à le refermer, car « la vie est trop courte et il y a trop de bons livres pour s’astreindre à finir un livre qu’on n’aime pas » (Biz).

Rencontre d’auteur avec David Goudreault, animée par René Cochaux

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René Cochaux et David Goudreault

Cette entrevue avec David Goudreault a commencé fort : l’auteur nous a annoncé la date de publication du dernier tome de la trilogie de La bête : 12 avril 2017 (c’est déjà noté à mon agenda!) Il publiera également un nouveau recueil de poésie le 11 novembre.

David Goudreault était slammeur et travailleur social avant d’être romancier. Il commence à développer un amour pour le roman. Tout comme Biz, c’est un accro du style. Il essaie d’écrire les livres qu’il aimerait lire. Derrière sa plume, le travailleur social n’est jamais bien loin. Il précise que « l’art permet des détours dans l’abstrait et dans l’inconscient qu’on ne pourrait pas faire autrement ». En effet, il ajoute qu’il peut se permettre de créer un lien différent avec les jeunes des centres jeunesse ou des prisons quand il se présente comme auteur et slammeur, plutôt que comme travailleur social. La présence d’humour dans ses romans – et dans sa vie, est pour lui un moyen d’alléger les drames quotidiens. Malgré la particularité de son personnage de la bête, il s’y est attaché. L’auteur lui-même, ainsi que les nombreux lecteurs de La bête vivront un certain deuil au moment de tourner la dernière page du troisième tome.

L’imagination de David Goudreault est en constante ébullition. Ce ne sont pas les projets qui manquent, et lors du Salon du livre, nous avons eu la chance d’avoir un aperçu de ce qui s’en vient. Je ne vous en dis pas plus et vous invite à le suivre sur sa page Facebook pour rester à l’affût.

Livres comme l’air animé par Mireille Elchacar

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Sarah Rocheville, Louis Hamelin, Lynda Dion et Patrick Nicol

Livres comme l’air est un projet d’Amnistie Internationale ciblant le droit d’expression. Différents auteurs d’ici sont jumelés à des auteurs pour lesquels le droit d’expression a été bafoué. 113/193 pays ne respectent pas le droit d’expression. Pour nous, cela semble être une cause bien défendue depuis longtemps. Pourtant, elle est toujours d’actualité dans de nombreux pays. Nos auteurs envoient donc une de leurs œuvres à leur correspondant et leur font une dédicace en signe d’appui. Lors de cette présentation, nous avons eu la possibilité d’écouter ces dédicaces :

  • Louis Hamelin, auteur entre autres de La constellation du lynx, envoie sa dédicace à Raif Badawi, blogueur d’Arabie Saoudite
  • Étienne Beaulieu, auteur entre autres de Trop de lumière pour Samuel Gaska, envoie sa dédicace à Ashraf Fayadh, poète d’Arabie Saoudite
  • Patrick Nicol, auteur entre autres de La nageuse au milieu du lac et Vox Populi, envoie sa dédicace à Ahmed Cheikh, journaliste et écrivain de Turquie
  • Sarach Rocheville, auteure de Go west Gloria, envoie sa dédicace à Sanjuana Martinez Montemajor, journaliste et auteure mexicaine
  • Lynda Dion, auteure entre autres de La maîtresse, envoie sa dédicace à Gartse Jigme

J’ai apprécié cette présentation qui m’a ouvert les yeux sur ce qui se passe dans le monde. Il est important d’être conscient de cette injustice qui touche beaucoup plus de personnes qu’on ne pourrait le croire. Si vous êtes intéressés à lire les dédicaces des années passées, vous pouvez le faire juste ici.

2 Comments on “Retour sur le Salon du livre de l’Estrie 2016”

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