Ça sent la coupe

Matthieu Simard, Éditions Stanké, Montréal, 2017 (2004), 304 pages.

Matthieu suit religieusement les parties de hockey de la Sainte-Flanelle (les Canadiens pour les moins habitués). Pour chacune de ces parties (ou presque!), Matthieu est bien entouré. Son cercle d’amis est assez élargi et il ne manque pas de compagnie. Il y a aussi Julie, sa copine qui préfère étudier pendant les parties ou dormir sur les genoux de Matt. Même si tout ce beau monde est bien heureux de profiter de ces belles soirées devant la télé 51 pouces de Matthieu, les confidences ne tardent pas à venir. Parce que même dans un salon de gars, ça potine sur ses sentiments.

« Ce soir, j’avais besoin d’être seul. Penser à mon rôle dans tout ça. Ma gang d’amis, je ne sais pas pourquoi, dont je suis le point central. Une dizaine de gars qui se tournent vers moi quand ils ont besoin de parler, quand ils ont un problème. Pourquoi moi? Aucune idée. Parce que j’écoute, parce que j’ai une télé 51 pouces, je ne sais pas, vraiment » (Ça sent la coupe, p.53).

Ça sent la coupe, c’est un peu le journal intime de Matthieu, qui prend le temps d’écrire les soirs de match (saison 2003-2004). Il y partage bien sûr sa colère contre l’entraineur qui ne prend pas les bonnes décisions, contre les joueurs qui jouent comme des pieds ou contre le gardien qui garde plus les buts dans son filet qu’à l’extérieur. Évidemment, le roman ne se résume pas qu’à rager contre la Sainte-Flanelle ou à s’émerveiller devant son talent. C’est aussi un journal intime traditionnel, avec les frustrations, les questionnements et les désespoirs d’un homme qui, si bien entouré, joue les rôles de psychologue et de Cupidon auprès de ses amis qui ne lui demandent pratiquement jamais si lui, il va bien.

Le roman de Matthieu Simard est très léger. Même si les personnages ont leur lot de désespoir et de peine d’amour, le tout est traité avec une plume humoristique. Pour Matthieu, le hockey n’est plus seulement une soirée de détente, c’est aussi une échappatoire. Comme si s’enrager contre Claude Julien allait lui permettre d’oublier sa rage et sa peine à lui.

Il n’est pas nécessaire d’être un grand amateur de hockey pour apprécier le roman parce que l’essentiel ne se situe pas dans ce détail. Par contre, si vous l’êtes, je crois qu’il est possible d’aller chercher une expérience de lecture avec un petit plus. Probablement que vous comprendrez certains détails que j’ai laissé passer, que vous créerez des liens qui m’ont échappée. J’ai tout de même grandement apprécié ce roman pour ses histoires de cœurs brisés, de solitude dans l’amitié, de parties de hockey qui ne se déroulent pas toujours comme on le voudrait.

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« C’est pour ça que, soir après soir, je me colle devant mon écran de 51 pouces, et je deviens un enfant nono qui pense que tout ce qu’il y a dans la vie, c’est vingt gars en patins, avec des chandails rouges, qui poussent une rondelle, qui crachent partout, qui souffrent sans vraie raison » (Ça sent la coupe, p.222-223).

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