La Collection Zèbre: des romans au visuel attrayant

J’ai un gros faible pour la Collection Zèbre chez Bayard Canada. Les romans qu’on y propose sont fort intéressants, notamment pour leur aspect visuel. On y retrouve des pages avec des images qui viennent appuyer le texte ou qui donnent de la vie au récit. J’ai beaucoup apprécié cet aspect des romans qui rend ma lecture plus dynamique. L’expérience est totalement différente! Et c’est parfait pour des lecteurs qui éprouvent certaines difficultés! Ce sont d’ailleurs les romans les plus populaires dans ma bibliothèque de classe en première secondaire. Je vous présente ici quelques titres de cette collection.

Un clic de trop, Rhéa Dufresne, 2017 (2014), 167 pages.

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Léa est une fille de deuxième secondaire comme les autres. Elle a de bonnes notes à l’école, des amies qu’elle adore et qui sont présentes pour elle. Sa vie prendra un tout nouveau tournant lorsqu’elle publiera une nouvelle photo d’elle en bikini sur Facebook. Les commentaires d’une certaine Lian prendront une proportion importante et inciteront de nombreux élèves à intimider Léa à l’école. Lian, quant à elle, profite de l’anonymat que lui offre son écran pour cyberintimider Léa.

Ce roman aborde une thématique qui prend malheureusement de plus en plus d’ampleur : la cyberintimidation. Lian profite du fait qu’elle n’est pas en face de Léa pour propager des commentaires haineux contre la jeune adolescente. La situation devient très difficile pour Léa et pour ses amies qui doivent malgré elles endurer les insultes que reçoit Léa.

Derrière le récit de (cyber)intimidation, on suit Léa dans son enquête pour trouver qui se cache derrière le profil de Lian. Malgré l’anonymat que peut sembler procurer Internet, on comprend rapidement qu’il est possible de tout découvrir.

Un clic de trop est un roman intéressant qui permet d’aborder la cyberintimidation, mais aussi de réfléchir à la vie privée qu’on a tendance à partager à outrance sur les réseaux sociaux et à l’ampleur que prennent ces réseaux dans notre vie.

« Facebook Votre réseau social envahisseur de vie. Rappelez-vous que vos informations sont là pour être partagées » (Un clic de trop, p.25).

Lâchez les chiens, André Marois, 2016, 140 pages.

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Jay est promeneur de chiens. Chaque jour, il doit se rendre chez les maitres des toutous pour les récupérer. L’une de ces maitresses avec qui il s’entend plutôt bien, Lynou, disparait du jour au lendemain. Jay ne peut s’empêcher de regretter avoir laissé entrer un inconnu chez Lynou quelques jours avant. Est-ce que cela aurait un lien? Qui pourrait bien vouloir du mal à la jeune femme? Est-ce son voisin d’en face trop curieux et effrayant? Comme l’enquête de la police prend beaucoup trop de temps, Jay décide de s’occuper de tout lui-même, avec l’aide de Zéro, le chien de Lynou.

L’enquête de ce roman est bien ficelée, quoique très courte. Le lecteur réussit tout de même à bien entrer dans le récit et à découvrir, au même rythme que Jay, qui pourrait être derrière l’enlèvement de Lynou. L’avantage du petit nombre de pages est que tout se déroule très rapidement. Il n’y a pas de place aux longueurs ou aux descriptions ennuyantes. Tout au long du récit, on se retrouve dans le feu de l’action.

Bien sûr, quelques éléments semblent impossibles, notamment le fait que la police ne soit quasi jamais présente et que Jay ne subisse aucune conséquence pour avoir joué dans les platebandes des enquêteurs. Pourtant, ce détail n’est pas dérangeant. Quel jeune lecteur (ou vieux lecteur!) n’a jamais voulu sentir qu’il était possible de jouer au superhéros et tout régler par lui-même?

Lâchez les chiens est un bon petit roman policier pour ceux et celles qui veulent jouer à l’enquêteur et embarquer dans un récit qui se lit à une vitesse folle. L’enquête bien ficelée et les images qui parsèment le texte plairont aux lecteurs les plus récalcitrants.

« Ça ne résout pas tout, mais c’est un début. Une enquête, c’est comme une pelote de ficelle; quand on a trouvé un fil, on tire dessus et on le déroule tant qu’on peut » (Lâchez les chiens, p.70).

La plus grosse poutine du monde, Andrée Poulin, 159 pages.

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Thomas s’est lancé un défi : établir le record Guiness de la plus grosse poutine du monde. Cet objectif très ambitieux cache son besoin d’arrêter de penser à sa mère qui les a abandonnés, son père et lui, et d’attirer l’attention de son père qui prend davantage le temps de s’occuper de son voilier que de lui.

Parmi les trois œuvres précédentes, celle-ci est ma préférée. Le roman touche un sujet très délicat, mais parvient à rendre l’histoire amusante avec le but que se donne Thomas. Bien que son projet ambitieux lui demande beaucoup de temps et d’organisation, les différents chapitres portant sur ses parents nous rappellent que même s’il s’occupe l’esprit, Thomas ne peut oublier sa mère absente et son père invisible. La présence des autres personnages prêts à aider Thomas lui rappelle également qu’il n’est finalement pas si seul que ça.

La plus grosse poutine du monde est un roman touchant, mais comique. L’entraide entre les personnages, la relation que bâtit tranquillement Thomas avec Élie, une collègue de classe rejetée, et la découverte de la vérité à propos des parents du jeune protagoniste allument une lumière au bout de son tunnel. En plus, le roman laisse quelques questions en suspens. Il permet donc d’imaginer une suite (j’en prendrais bien une, moi!) à propos de ce qui attend Thomas. Parfait choix de roman pour les Bibliomaniaques enseignants qui désirent faire écrire leurs élèves!

« Bien des gens pensent que, le vide, c’est juste un trou ou une absence. Faux. Pour moi, le vide, c’est une brûlure. Un manque tellement douloureux qu’il me tord les boyaux. Ce vide-brutal-qui-fait-mal, je le traîne depuis des années. La plupart du temps, je réussis à l’étouffer. Mais certains jours, il revient me hanter. » (La plus grosse poutine du monde, p.14)

Gladiateurs virtuels, Paul Roux, 2017, 143 pages.

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Marcus Campbell mène une double vie. D’un côté il y a le jeune adolescent ordinaire, très discret et assez solitaire et, d’un autre côté, il y a Spartacus2908, le gladiateur très connu sur la plateforme Altius pour ses défis relevés avec brio. Cet alter-ego remplit une tonne de missions lancées par le populaire site Altius dans l’espoir de gagner les 10 000 $ promis. Sans trop se soucier des conséquences, il se lance donc dans des défis plus impossibles les uns que les autres.

Le roman m’a beaucoup fait penser à Addict qui met également en scène des personnages ordinaires remplissant des défis pour gagner en popularité sur le net. Il s’agit d’une thématique moderne, donc ce n’est pas étonnant de la voir dans la littérature jeunesse. Par contre, j’ai été déçue de ne retrouver aucun petit plus qui distinguerait le roman de Paul Roux de celui de Jeanne Ryan. L’histoire est bonne, mais très ressemblante à celle d’Addict (ou du film Nerve, inspiré de ce livre).

Cependant, pour un lecteur plus débutant, Gladiateurs virtuels est intéressant. Il est plus court et très imagé, comme les autres romans de la collection. Il s’agit toujours d’une bonne suggestion pour un lecteur plus frileux ou pour un lecteur qui ne se lance pas encore dans des briques. J’ai trouvé la fin un peu abrupte et moralisatrice, mais le reste de l’histoire saura tenir le lecteur en haleine. J’avais toujours hâte de connaitre le prochain défi.

« Il se questionne sur la portée de ses actions et sur le peu de considération qu’il a pour les gens. Des hésitations que Spartacus2908 balaie aussitôt du revers de la main. Un combattant ne doit pas avoir d’états d’âme. La fin justifie les moyens! » (Gladiateurs virtuels, p.55)

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