Peggy

Nelly Arcan, Éditions La Mèche, Montréal, 2016, 22 pages (Éditions de la Courte échelle, 2008).

À l’adolescence, on nous bombarde de clichés, d’images sur la beauté idéale, de la joie d’être jeune et d’être dans la fleur de l’âge. Pourtant, dans toute polyvalente, dans tout groupe d’adolescent, il y a une personne qui se démarque plus que les autres. Une que tout le monde envie. Quoi faire quand il s’agit de sa meilleure amie?

Dans cette nouvelle, l’auteure Nelly Arcan partage avec nous une réalité frappante : celle de la rivalité entre adolescents, de la jalousie, même entre amis. La narratrice, bien qu’elle apprécie sa meilleure amie Peggy, est pourtant incapable de ne pas l’envier et de ne pas ressentir un certain sentiment de haine. On dit toujours que tant qu’on ne s’accepte et qu’on ne s’aime pas, on ne pourra pas aimer les autres. Cette nouvelle l’illustre très bien. L’amitié entre Peggy et la narratrice prend vite fin alors que cette dernière est incapable de voir autre chose que l’incroyable beauté de sa meilleure amie.

Encore une fois, Nelly Arcan traite de la beauté avec un regard particulier. On ressent bien vite cette haine qu’elle éprouvait envers ce concept abstrait qui brise un trop grand nombre de personnes. Quand je lis du Arcan, il y a une part de moi qui est d’accord avec ses propos, alors qu’une autre part est davantage attristée de lire autant de désarroi. Lire Nelly Arcan, c’est se laisser emporter par un mal plus grand que nature. C’est tenter de comprendre sans jamais pouvoir réellement le faire.

Vous pouvez acheter cette nouvelle en format numérique et encourager les librairies indépendantes du Québec en cliquant ici. C’est d’ailleurs une excellente façon de faire connaitre l’auteure aux adolescents, de leur faire découvrir une de celles qui ont marqué la littérature québécoise.

« Parce que plaire veut dire : contraindre les autres à cesser de vivre, le temps de regarder; forcer le monde à devenir public, le reléguer autour de soi, dans les gradins. La beauté est un ordre qui commande à tous l’immobilité et la contemplation. La beauté est une force de frappe qui met à genoux. » (Peggy, p.14)

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