Maus

Art Spiegelman, Éditions Flammarion, France (États-Unis), 1987 (1973).

Artie demande à son père Vladek de lui raconter comment il a vécu la Seconde Guerre mondiale en tant que Juif afin d’en faire une bande dessinée. Le vieil homme, prêt à tout lui raconter, revit ces moments avec une angoisse qui, on le remarque bien assez vite, a un impact majeur sur le déroulement de sa vie actuelle.

Cette bande dessinée est fort intéressante, et ce, pour plus d’une raison. Premièrement, le parallèle entre le présent et le passé nous permet de découvrir le personnage de Vladek sous un autre angle, puisqu’on peut mieux imaginer à quel point son passé handicape son présent. Le vieil homme est angoissé, avare et dépendant de son fils. Après avoir passé par des moments où conserver ses avoirs pouvait lui sauver la vie, des moments où il ne savait jamais ce qui l’attendait dans la minute qui suit ainsi qu’avoir dû surmonter la perte de son premier fils, il vit avec une douleur qui nous semble plus compréhensible.

Deuxièmement, l’histoire de Vladek, illustrée par son fils, est riche en évènements marquants. On vit la Seconde Guerre mondiale du début à la fin. On voit comment ont survécu certains Juifs alors que d’autres ont été dirigés de façon ignoble et cruelle vers la mort. Vladek est passé par de nombreuses épreuves et de nombreux lieux. À la différence du récit d’Anne Frank (qui est tout aussi intéressant), le père d’Artie n’est pas resté caché. Il s’est promené de camp en camp, s’est parfois caché dans des maisons ou des granges, mais n’y est jamais resté bien longtemps. On se rend également bien vite compte que les gens à qui il pouvait faire confiance n’étaient pas si nombreux.

Troisièmement, il serait impossible de passer sous silence l’idée d’illustrer les Juifs comme des souris et les Allemands comme des chats. Cela rend la bande dessinée beaucoup plus facile à comprendre et dépeint par le fait même la hiérarchie des deux peuples.

Pour le point de vue de l’histoire et pour le personnage de Vladek entre autres, cette bande dessinée est à découvrir. Vous pouvez commander l’intégrale des deux tomes et encourager les librairies indépendantes du Québec en cliquant ici.

« Je sais que c’est dément, mais d’une certaine manière je voudrais avoir été à Auschwitz avec mes parents; comme ça je pourrais vraiment savoir ce qu’ils ont vécu!..

… Je dois me sentir coupable quelque part d’avoir eu une vie plus facile qu’eux. » (Maus, tome 2, p.16)

 

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