Nozophobia

Mathieu Fortin, éditions Bayard Canada livres, collection Crypto, Montréal, 2018, 308 pages.

À Nozophobia, la propreté et la santé règnent. Chaque habitant est tenu de faire des examens médicaux quotidiens, de prendre une bouillie adaptée à son système, de faire de l’exercice et de s’assurer de la propreté de son corps et de son esprit. Ces consignes sont mises en place pour éviter l’empeste, une maladie dégénérative. N’importe quelle infection, aussi bénigne soit-elle, entraine l’expulsion des murs protecteurs de Nozophobia. Tout le monde est habitué de vivre ainsi et ne cherche pas à vivre autrement. Sauf l’AILE, un groupe qui sait qu’il pourrait exister mieux.

Le roman m’a beaucoup fait penser à celui de Lois Lowry, Le passeur. Dans les deux cas, le personnage principal apprend petit à petit qu’on cache aux habitants la vérité. Il apprend que les peurs dans lesquelles il vit depuis sa naissance pourraient être évitées. J’aime bien ce principe de découvrir que la liberté peut être beaucoup plus grande que celle que nous offrent les dirigeants.

C’est le genre de roman qui se lit assez rapidement. On embarque bien dans l’histoire puisqu’on veut découvrir ce qui se cache à l’extérieur des murs de Nozophobia. Par contre, j’ai trouvé quelques passages un peu inutiles. Certains auraient, à mon avis, eu avantage à être plus exploités au profit de l’histoire. Je pense notamment à la rencontre de notre personnage principal avec le grand dirigeant. Ce que Valek, le protagoniste, devient ne lui sert presque pas et la rencontre, très courte, ne donne pas grand-chose. Par contre, j’ai bien apprécié les petites capsules insérées ici et là dans le roman pour nous expliquer le fonctionnement de la cité.

« Maintenir le peuple dans la peur est la meilleure façon de le contrôler, de le dominer, répond Livia. […] La peur peut pousser les gens à commettre des gestes horribles. » (Nozophobia, p.182)

Mathieu Fortin signe ici un roman où les peurs créées par un gouvernement viennent à nuire à notre liberté. Il nous démontre avec cette histoire qu’on avale parfois n’importe quelle pilule dans la simple attente d’être en sécurité. Mais est-ce que notre sécurité doit aller jusqu’à la destruction de notre liberté? De notre personnalité? J’en profite pour vous inviter à lire l’article de David Goudreault à ce sujet, juste ici.

Vous pouvez commander le roman et encourager les librairies indépendantes du Québec en cliquant ici.

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