Paralittérature, plaisirs coupables, etcetera

J’ai assisté, la fin de semaine dernière, au Congrès Boréal. Il s’agit principalement d’un évènement où la littérature fantastique et la littérature d’horreur et de science-fiction sont mises de l’avant. Bien que je ne sois pas une grande lectrice de ce genre, je suis intéressée par tout ce qui traite de la littérature. J’ai donc laissé la Bibliomaniaque prendre toute la place cette fin de semaine et j’ai assisté à trois conférences (sur les nombreuses autres offertes).

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Le visuel du congrès, par Véronique Drouin. Tout simplement magnifique!

Mon inspiration pour cet article vient donc de cet évènement où le sujet de la paralittérature est venu sur la table à deux reprises. En effet, j’ai tout d’abord assisté à une conférence sur la littérature de l’imaginaire en jeunesse. Déjà, la littérature jeunesse est encore malheureusement trop ignorée et rabaissée par des lecteurs.trices et des littéraires qui n’y voient qu’un ensemble de livres pour les enfants, dans lequel on ne retrouve aucun contenu. L’autre conférence était, quant à elle, directement sur le sujet. Les panélistes discutaient de leur vision des étiquettes, du classement des livres dans un genre en particulier, des effets positifs et négatifs que cela avait sur les lecteurs.trices.

Dans les deux cas, j’ai trouvé les propos très pertinents, et ils m’ont beaucoup amenée à réfléchir. Tout au long de mon parcours universitaire, dans mes cours de littérature, nous nous sommes questionné.e.s sur la définition de la littérature. Encore aujourd’hui, ce sont des questions qui font partie de mon quotidien d’enseignante et qui, je le remarque, fait partie du quotidien des parents.

Combien de fois entendons-nous des parents dire à un.e libraire ou un.e enseignant.e que son enfant ne lit pas, qu’il ne fait que lire des bandes dessinées. N’est-ce pas déjà de la lecture? La bande dessinée, ce n’est pas de la littérature? Est-ce que la littérature doit absolument être un grand mot pour les grands livres? Pour les Livres avec un L majuscule? Ceux que nous, alors plus petit.e.s lecteurs.trices sommes effrayés d’entamer parce qu’il semble venir avec son quota de mots compliqués et de réflexions savantes?

J’ai de la difficulté avec ces concepts de plaisirs coupables et de paralittérature. Pourquoi notre société qui veut tant démocratiser la lecture et la rendre accessible ne valorise-t-elle pas davantage l’acte tout simple de lire, sans se buter à ce qui est lu? Je suis la première à avoir ce petit tiraillement à l’intérieur. C’est aussi pourquoi j’écris cet article : me convaincre que peu importe ce que je lis, je ne dois pas en avoir honte. Je dois plutôt ressentir une certaine fierté de m’adonner à ce passetemps qui me fait autant de bien. C’est ça le but qu’on devrait avoir en tête quand on lit, au fond. Se détendre, apprendre, se faire du bien. Est-ce que la lecture devrait toujours être une question de jugement? Ne sommes-nous pas suffisamment jugés sur tout ce qu’on fait? Pouvons-nous au moins, l’instant de s’échapper par la littérature (quelle qu’elle soit), échapper aussi à la réalité parfois cruelle d’une société en quête de supériorité?

Bon, je ne suis pas certaine que si je m’évaluais, je m’accorderais tous mes points en cohérence pour cet article, mais c’est la beauté d’écrire sous le coup de l’émotion. C’est juste du vrai. Sans fioriture et recalculs. Et vous, quelle est votre opinion sur le sujet?

2 Comments on “Paralittérature, plaisirs coupables, etcetera”

  1. Fait des siècles que je dis: »  qui est-on pour juger et décider ce qui est de la littérature et ce qui n’en est pas ?  »
    Je déteste les étiquettes. Après avoir écrit roman, essai, nouvelles, théâtre, chanson, poésie, sur la page de titre, je me tairais et laisserais le lecteur aimer ou non.

    Aimé par 1 personne

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