Les cachettes

Guy Lalancette, VLB éditeur, 2020, 258 pages.

Claude Kérouac, 11 ans, est disparue depuis un peu plus de 24 heures. Pourtant, à la maison familiale, le chaos habituel règne, chaque membre de la famille continue son train-train quotidien sans trop s’inquiéter, puisque la petite a l’habitude de se cacher. En investiguant sur cette disparition, la police déterre une foule de secrets de famille qui permettent de faire avancer l’enquête.

Ce fut vraiment une lecture particulière, tout d’abord à cause de la protagoniste, Claude Kérouac. La narration, qui revient entre ses mains un chapitre sur deux, nous fait réaliser à quel point c’est une enfant singulière, mais surtout brillante – à un point tel qu’on en vient à se demander si on lit réellement les pensées d’une fillette d’onze ans. Celle-ci voue d’ailleurs un réel attachement pour les mots, dans lesquels elle dit s’enfermer. Ses réflexions sont alors ponctuées de définitions pour chacun des termes qu’elle entend, mais ne comprend pas encore. Elle utilise toutefois chacun de ses vocables de manière totalement réfléchie afin que la « Femme-cabinet » à laquelle elle s’adresse la comprenne – même si cette dernière ne semble pas saisir toute la complexité de la fillette!

« Et quand je ne sais plus où aller, les mots, c’est une bonne place pour se cacher, une bonne place pour s’enfuir. » (Les cachettes, p.17)

La marginalité de Claude Kérouac m’a beaucoup fait penser à celle du personnage de Sophie Bienvenu dans son roman Et au pire on se mariera. Deux enfants troublées qui entretiennent une vie cachée derrière le mensonge. Le fait qu’elles s’adressent toutes les deux à une personne externe, qui n’est pas un personnage en soi, est un autre parallèle que je peux faire entre ces deux romans.

J’ai également été très intriguée par toute l’histoire qui entourait sa disparition. Autant ce fut extrêmement troublant de voir que les membres de sa famille voyaient cela comme un incident routinier que je finissais par adhérer à leur mode de vie à part et à me dire que le geste de Claude était prémédité. L’auteur a su nous tenir en haleine jusqu’à la toute fin, où on découvre finalement ce qui est advenu de la petite, en nous permettant d’en savoir plus autant de la bouche de Claude qui s’entretient avec la Femme-cabinet que par l’enquête qui avance.

Pour la puissance des mots, pour la protagoniste tourmentée et pour la part de suspense, je vous recommande sans hésiter ce roman!

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