L’homme qui pleure de rire

Frédéric Beigbeder, éditions Grasset, 2020, 317 pages.

Après avoir travaillé dans la publicité puis dans la mode, Octave Parango réalise désormais des capsules humoristiques à la radio, tous les jeudis matin. Cherchant à dénoncer les aliénations contemporaines, Octave finira par tout faire foirer, comme il l’a fait en pub et en mode.

J’ai découvert Beigbeder au cégep, avec le premier opus mettant en scène le personnage d’Octave Parango : 99 francs. Ce fut une réelle découverte pour moi. La plume cynique et dénonciatrice de l’auteur m’avait renversée. J’ai aimé sa façon de critiquer la société, de nous mettre nos travers en pleine face, sans détour. J’ai par la suite découvert ses autres œuvres et été tout aussi subjuguée, voire plus, par L’amour dure trois ans. L’idéal, qui correspondait au deuxième tome de la trilogie de Parango m’a un peu moins accrochée, mais j’étais tout de même très excitée par le dernier tome. J’avais hâte de retrouver l’alter égo de Beigbeder.

La première partie du livre m’a ramenée à ma première lecture de l’auteur. J’ai sorti mon surligneur et ai marqué de nombreux passages coups de poing, des phrases accusatrices. Beigbeder s’attaque à l’humour, au pouvoir qu’on lui accorde.

« L’humour est une dictature parce qu’il n’autorise jamais de droit de réponse. C’est son apparente légèreté qui le rend si implacable. Si tu te plains, tu passes pour quelqu’un de chiant, lourd et susceptible. L’humour est une fake news avec un éclat de rire derrière. » (L’homme qui pleure de rire, p.57).

Cela dit, à partir du deuxième tiers du roman, on quitte la dénonciation pour vivre la soirée – plutôt la nuit – de déboire d’Octave, celle qui l’amènera à avorter sa carrière en humour radiophonique. On pourrait s’attendre à ce que cette nuit soit révélatrice, que les critiques s’enchainent, mais non. On ne fait que suivre Octave entre les lignes de poudre et les paires de seins. J’ai décroché à partir de ce moment. J’ai tout de même tenu à lire le roman jusqu’à la fin, car Beigbeder reste un de mes auteurs favoris, mais ce dernier opus m’a déçue.

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