La nouvelle littéraire : ce genre bref

Il y a un seul niveau auquel je n’ai encore jamais enseigné : la quatrième secondaire. C’est drôle, mais cela coïncide justement avec mon absence d’intérêt pour la nouvelle littéraire (et mon intimidation face à ce genre, je l’admets). Cet hiver, dans le cadre de mon microprogramme en littérature populaire à la TÉLUQ, j’ai suivi un cours sur le conteur et le nouvelliste québécois, espérant démystifier ces textes qui, dans mes souvenirs, devaient ABSOLUMENT se conclure de manière surprenante! Eh bien, je peux tout de suite vous mentionner que c’est loin d’être la caractéristique principale (et une caractéristique nécessaire) de la nouvelle. Démystifions le tout ensemble. Toutes les connaissances que je partage avec vous me viennent du cours que j’ai suivi, donné par monsieur Paul Bleton.

Petite histoire de la nouvelle au Québec

Bien que sa grande envolée prenne place dans les années 1980, la nouvelle était tout de même un genre existant déjà au XIXe siècle. Elle rapportait principalement des scènes de mœurs, se situant dans le réalisme au contraire du conte qui, en plus d’être un genre oral et social, se permettait des escapades merveilleuses. Au début du XXe siècle, en parallèle avec l’exode rural, la nouvelle tend à conserver une idéologie agriculturiste, en donnant par exemple une âme à des objets traditionnels et en évoquant le passé.

Au moment de son essor, ce genre encore mineur s’inspire beaucoup des Sud-Américains par son esthétisme, délaissant par le fait-même le terroir.

« Les auteurs s’intéressent plus à l’individu qu’à la communauté ; à la vie urbaine, aux cultures internationales, à la psychologie et à la philosophie qu’aux mœurs. La nouvelle hispano-américaine se déplace inévitablement vers une forme de modernité. » (Claudine Potvin, En raccourci : la nouvelle hispano-américaine, tiré de la revue XYZ)

Les caractéristiques de la nouvelle

Comme je le mentionnais plus haut, la caractéristique principale de la nouvelle n’est pas sa chute inattendue, mais sa brièveté. Le‧la nouvelliste nous fait pénétrer dans une histoire déjà commencée, laissant ainsi entrapercevoir un instant de vie croqué sur le vif. Cela fait en sorte qu’on se retrouve avec un nombre restreint de personnages, un‧e protagoniste peu décrit‧e (c’est d’ailleurs ses caractéristiques psychologiques qui prennent le dessus), peu ou pas de données spatiales et temporelles.

La chute

Alors que pour certain‧e‧s la nouvelle doit être subordonnée à sa chute, que tout doit conduire vers elle, pour d’autres, celle-ci n’a plus une importance aussi capitale. On ne cherche plus à suivre une recette particulière, à réinventer la roue par une fin abrupte ou surprenante.

Cela dit, selon le professeur en littérature et spécialiste en nouvelles Philippe Mottet, il existe certains types de chutes comme l’arroseur arrosé, où le personnage subit un renversement de position, l’identité insoupçonnable, où on découvre un élément inattendu quant à l’identité du personnage, l’épiphanie, où le personnage a une prise de conscience, le retour à la case départ, où le personnage retrouve sa position initiale.

Le recueil de nouvelles

Certes, il demeure possible de lire des nouvelles glanées ici et là (ce que proposent d’ailleurs les éditions Québec Amérique avec leurs nouvelles imprimées individuellement comme 38 kilomètres de Patrick Senécal ou Un voyage en Russie d’Yves Beauchemin), mais on peut aussi s’immerger dans un recueil et vivre une expérience plus complète. La lecture d’un recueil peut permettre de relier des nouvelles par un fil conducteur comme une thématique qui revient (Exit l’innocence, un recueil pour la jeunesse sur l’entrée dans l’adolescence), un lieu commun, une construction particulière (Présages, un recueil dont chaque titre projette un élément qui se déroulera dans la nouvelle), un personnage (À l’ombre des érables et des palmiers, un recueil dont les personnages sont d’origine haïtienne)…

La revue spécialisée

Au Québec, on retrouve deux revues sur la nouvelle : Moebius et XYZ. La première est davantage un hybride, une revue littéraire proposant divers textes courts, en vers ou en prose, fiction ou essai, alors que la seconde, XYZ, est spécialisée dans la nouvelle.

En résumé…

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