Cheval Indien

Richard Wagamese, éditions XYZ, 2017 (2012), 263 pages.

Note : 4.5 sur 5.

Saul Cheval Indien est un jeune Ojibwée qui a traversé les pensionnats et le racisme des Blancs dans un jeu qu’il aimait, un jeu qui le rendait fort et confiant : le hockey. Traversant chacune de ces étapes de sa vie, il revient sur les moments qui l’ont éteint.

Il faut dire que j’avais de grandes attentes pour ce roman dont on m’a tant vanté les mérites. Quand j’ai présenté ma lecture sur Instagram, les réactions positives ont été nombreuses! J’avais tellement peur d’être déçue! Mais ce ne fut pas le cas. Le roman a atteint ces attentes, confirmant ainsi que c’est une lecture magistrale.

Alors que le premier quart, voire le premier tiers, du roman retrace l’enfance de Saul Cheval Indien, qu’on voit comment sa famille vivait, mais aussi comment elle a été détruite par les Blancs en grande partie à cause de la mission d’évangélisation (lire ici d’assimilation!!!), on traverse par la suite la partie de sa vie qui l’a à la fois sauvé et éteint : le hockey. Certes, ça a été une grande passion pour lui, une façon de se retrouver et de gagner en confiance, mais encore une fois, les Blancs ont réussi à tout faire déraper. On constate alors petit à petit que sa flamme perd de son intensité, qu’il ne reste plus que des cendres qui s’envolent pour faire naitre des feux de rage là où le passé a laissé des marques.

Bien que je ne sois pas une grande amatrice de hockey et que les passages descriptifs des parties et des pratiques me semblaient parfois longs, j’ai embarqué dans chacun de ces moments où le protagoniste s’ouvrait un peu à nous. Quand tout commence à débouler, quand les insultes fusent, qu’elles sont lancées à la force des rondelles dans un filet, on ne cherche qu’à tourner plus rapidement les pages, espérant que ces méchancetés cesseront, que le jeu redeviendra ce qu’il devrait être : un jeu. Malgré tout, on sait que c’est malheureusement criant de vérité.

« Quand je frappais quelqu’un, c’était plus qu’une mise en échec : j’avais voulu le scalper. Lorsque je m’élançais sur la glace, soulevant la foule, je partais en expédition. Quand, à la faveur d’une mêlée dans un coin, je portais accidentellement mon bâton au visage d’un adversaire, j’avais brandi le tomahawk. Quand je ne réagissais pas après avoir écopé d’une pénalité, j’affichais le stoïcisme typique des Indiens. […] Ils ont refusé de me laisser être juste un hockeyeur. Pour eux, je serais toujours un Indien. » (Cheval Indien, p.196)

Le personnage de Saul, par sa résilience et sa force intérieure m’a tellement paru vieux. À la fin du roman, alors qu’il n’est encore qu’un jeune adulte, j’avais l’impression de voir en lui un sage, une grande âme. Ce qu’il a traversé, comment il en a bavé, mais surtout comment il a évolué à travers tout ça font de lui un personnage profondément noble.

Bref, il s’agit sans aucun doute d’une lecture que je suggère à tou‧te‧s, que vous soyez ou non un‧e amateur‧trice de hockey. C’est également une lecture que je verrais très bien en série classe en 5e secondaire!

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