Chroniques postapocalyptiques

Annie Bacon, éditions Bayard Canada, 120 pages pour le premier tome.

Note : 4 sur 5.

C’est la fin. Seuls les chanceux ou les plus prévoyants sont encore en vie, dont Astride, une jeune fille de treize ans. Trainant sa petite valise bleue, elle se dirige vers la bibliothèque du Plateau-Mont-Royal pour y construire son nouveau logis. Son père l’a bien avertie : elle ne doit pas se faire voir, car après l’apocalypse, ce sera la guerre dehors. Seuls les plus brillants s’en sortiront.

On ne se retrouve pas ici dans un récit rempli d’actions. Bien que la guerre menace d’éclater quand deux survivants se croisent, que se procurer à manger est une quête importante et que survivre est la seule et unique mission qui importe pour le moment, l’histoire se déroule plutôt lentement et sans grands sursauts. On accompagne davantage la jeune Astride dans sa quête vers une indépendance forcée. Son père avait bien préparé la jeune fille, et heureusement! Astride fait preuve d’une débrouillardise incroyable qui pourra peut-être lui sauver la vie.

J’ai apprécié que la bibliothèque soit l’endroit où l’adolescente ait élu domicile. Avec l’apocalypse qui a tout détruit, on revient aux besoins primaires, à la vie sans la facilité de la technologie. Astride devra se débrouiller avec ce qui se trouve à portée de la main et saura utiliser brillamment son environnement.

En plus d’Astride et de quelques groupes de survivants qui saccagent tout sur son passage, il reste un homme, terré dans l’école où il enseigne. Celui-ci profite de sa solitude et du retour aux sources pour écrire un ouvrage qui expliquera l’humanité. Ses différents articles permettent de revenir sur certains aspects qui ont marqué notre monde et de discuter de ceux-ci. 


Dans le deuxième tome, on retrouve Astride, toujours dans sa quête de survie, terrée dans la bibliothèque où elle a élu domicile, mais aussi Armand, qui poursuit – et termine – l’écriture de son ouvrage sur l’humanité. À ces deux personnages que l’on connaissait déjà vient s’ajouter Kiara, une jeune fille à la recherche de ses parents. Celle-ci nous fait revenir à l’heure H, au moment où tout a basculé.

J’avais déjà beaucoup apprécié le premier tome, mais je dois dire avoir encore plus aimé le deuxième. On y retrouve la lenteur du premier, avec les personnages d’Astride et d’Armand, qui sont bien établis et qui survivent à cette postapocalypse, mais par le personnage de Kiara s’impose un rythme un peu plus effréné. En mouvement, cette dernière rencontre des obstacles différents, certains plus sombres que d’autres, permettant alors d’effleurer des thématiques plus difficiles.

« Aujourd’hui, devant l’énorme bâtisse en béton, elle ne peut s’empêcher de se demander si sa vie y aurait été différente. Y aurait-elle été moins invisible? Moins malheureuse?

Est-ce que la fin du monde aurait moins lieu? » (Chroniques post-apocalyptiques d’une jeune entêtée, p.74)

Comme dans le premier tome, l’omniprésence des livres, l’ode à ceux-ci, à leur signification, est d’une telle beauté! D’ailleurs, la dernière entrée de l’ouvrage de Toute l’humanité expliquée par Armand Beauséjour vient clore à merveille cet hommage.

Bref, il s’agit d’un diptyque brillant qu’on lit tendrement.

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