Nouvelle-Orléans

Camille Bouchard, éditions Québec Amérique, collection Magellan, 2016, 191 pages.

Note : 3.5 sur 5.

Napoléon, jeune quarteron (né d’un parent blanc et d’un parent mulâtre) musicien, voit son train-train quotidien chamboulé lorsqu’il fait la rencontre de Marinette, une prostituée noire. Celle-ci l’embarque dans une chasse à l’homme où, en échange d’une récompense, elle souhaite ramener un esclave à sa propriétaire. Cela dit, ladite propriétaire, richissime et très reconnue à la Nouvelle-Orléans, a des secrets bien gardés.

Camille Bouchard sait nous plonger dans des univers historiques réalistes et imaginables. Dans cette histoire de 1842, l’auteur s’inspire de l’histoire de Delphine Lalaurie, aussi surnommée la « tueuse de la Nouvelle-Orléans ». C’est une histoire sanglante, effroyable, mais narrée ici de manière à rendre le tout presque humoristique. En effet, chaque chapitre est séparé par un extrait du procès-verbal de Napoléon, accusé de voies de fait graves (entre autres), chez la veuve Duromarin. N’ayant pas la langue dans sa poche, le jeune homme raconte les faits selon son expérience et en s’adressant à l’assistance sans tourner sa langue sept fois avant de parler.

« Eh, zut, à la fin! C’est que j’en ai marre, moi, de cette foutue prison et de ses geôliers de mes deux qui n’arrêtent pas de m’emmerder et de… Ouais, ça va, les sergots! Inutile de me brusquer. Je sors. » (Nouvelle-Orléans, p.117)

J’ai donc grandement apprécié la forme de l’œuvre, l’alternance de la narration régulières avec les extraits du procès-verbal. Ça dynamise la lecture, bien qu’elle nous tienne déjà assez en haleine puisqu’on veut savoir ce qui s’est réellement passé.

Même si je savais que le roman était inspiré de faits réels, je ne me suis pas informée sur la vraie histoire avant de me plonger dans le récit. Malgré le fait qu’on y rapporte, de manière fictive, un moment historique marquant, je n’ai pas trouvé que l’histoire débouchait sur grand-chose. C’est ce qui m’a un peu plus déçue. Certes, on accroche, mais on reste sur notre faim.

Étant un roman historique, l’utilisation du mot N*** est omniprésente. L’auteur, en quelques lignes, justifie son choix au début du livre, mentionnant entre autres que le terme « n’a pas la connotation péjorative qu’on lui connaît aujourd’hui » (p.12). J’ai encore personnellement du mal à prendre place dans ce débat, donc je ne prendrai pas position sur l’utilisation du mot dans ce roman, mais je préfère vous en avertir. Je crois qu’on peut très bien substituer le terme si on envisage une lecture à voix haute à des élèves.

En bref, il s’agit d’un roman historique documenté, accessible et troublant qui aborde l’esclavagisme et ses dérapes. Une lecture qui coule, mais dont il m’a semblé manquer un petit quelque chose.

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