Les murailles

Erika Soucy, VLB éditeur, 2021, 149 pages.

Note : 3.5 sur 5.

Erika se fait passer pour une employée afin d’accéder au chantier d’Hydro où son père travaille, comblant ainsi un vide qui s’est créé pendant ses absences.

« J’ai besoin de voir sa vie, à mon père, sa vraie vie à lui. Celle des grands chantiers mythiques où c’est qu’y’a l’air de faire toujours frette. Peut-être pour éviter de la reproduire… » (Les murailles, p.10)

Bien qu’il existe un roman, c’est la pièce adaptée du roman que j’ai lue. Heureux mélange de théâtre et de poésie, cette version de Les murailles est une véritable plongée au cœur d’un chantier d’Havre-Saint-Pierre où les hommes sont majoritaires. Erika, qui y passe une semaine, met enfin une image sur l’espace qui lui a volé son père.

Je ne peux affirmer que la pièce m’a renversée, je m’attendais peut-être à vivre plus d’émotions, mais pour l’authenticité des images créées, c’est intéressant. La langue très colorée des personnages nous permet de les imaginer. Certes, on entre au cœur d’un chantier où des hommes passent des semaines loin de leur famille. On est beaucoup dans les clichés, l’omniprésence de la masculinité, le vocabulaire peu recherché. Cela dit, c’est une simple représentation du milieu où, en effet, il manque parfois de diversité (sociale, culturelle, sexuelle).

Ce qui est intéressant, c’est de découvrir l’autre côté. Alors qu’Erika a vécu avec son père qui quittait pendant des semaines pour travailler, avec son aventure, elle questionne les hommes sur leur vie ici, au chantier, loin de leur famille.

« Moé, chus pas un ennuyeux, ma blonde est au courant. Quand j’t’icitte, j’t’icitte. Quand j’t’à’mer, j’t’à’mer. Mais mes deux plus vieux, y’ont quatre pis six ans, hein… Fait qu’y comprennent pas ça. Quand j’ai appelé à’ maison avant-hier, tout ce qu’y m’ont demandé c’est quand est-ce que je r’venais. J’ai beau leur dire n’importe quoi, y s’ennuisent pareil. » (Les murailles, p.71)

Ces échanges avec les travailleurs que rencontre Erika, avec son père et même son frère, sont ponctués d’apartés dans lesquels l’autrice partage son point de vue, sa vision de la situation. C’est un beau balancement.

Comme je n’ai pas lu le roman, je ne peux faire une comparaison des deux versions, mais celle-ci est très intéressante pour sa plongée assez directe. L’heureux mélange de poésie et de théâtre en fait aussi un titre qu’il pourrait être intéressant de voir au secondaire.

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