La lumière dans les combles

Sharon Cameron, éditions Gallimard Jeunesse, 2021 (2020), 479 pages.

Note : 5 sur 5.

En quittant la ferme familiale pour travailler, Stefania Podgórska ne s’attendait pas à apprendre autant… ni à devenir une adulte aussi rapidement. Juste avant que n’éclate la Seconde Guerre mondiale, la jeune fille est hébergée chez une famille de Juifs, qui prend soin d’elle comme de ses propres membres. Vient alors le temps où toute la famille, sauf Stefania, se voit contrainte d’abandonner ses possessions pour suivre les rangs des condamnés.

Malgré ses presque 500 pages, ce roman se lit d’une traite. Rapidement, on embarque dans le récit de Stefania, inspiré de l’histoire vraie de cette femme héroïne. À l’inverse du Journal d’Anne Frank, dans lequel on suit les pensées et les péripéties d’une jeune Juive qui doit vivre recluse, on suit ici celles de Fusia, qui risque sa vie pour cacher des Juifs. On nous mène alors dans l’envers du décor, vivant dans l’angoisse de mourir chaque fois qu’elle met le pied dehors, de revenir après le boulot et de retrouver un bain de sang dans son salon, de manquer d’argent pour se nourrir elle-même en plus de nourrir ses réfugiés. On vit aussi avec le poids de ses mensonges, de la double-vie qu’elle doit mener auprès de tous ceux qui l’entourent. Dans une telle situation, à qui peut-on faire confiance?

C’est une histoire qui est chargée en émotions, en moments douloureux, en deuils, mais c’est surtout une histoire chargée en force. Stefania Podgórska est une femme exemplaire, une survivante de la guerre, une survivante de la haine. Dès les premières pages, on est happé par la puissance des réflexions de Stefania, qui parviennent à la guider vers la lumière dans les combles.

« Przemyśl avait fait mon éducation depuis que j’y étais arrivée la première fois en voiture à cheval à l’âge de douze ans. Elle m’avait appris que les gens aiment se séparer les uns des autres en revendiquant des noms. Juifs. Catholiques. Allemands. Polonais. Mais ce n’était pas ceux qui convenaient. Ils établissaient de fausses lignes de partage. Bonté. Cruauté. Amour et haine. C’était ça, les véritables frontières. » (La lumière dans les combles, p.139)

Bref, je ne saurais que dire d’autre. À lire. C’est tout.

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