Tiohtiá:ke

Michel Jean, groupe Libre Expression, 2021, 234 pages.

Note : 4 sur 5.

Élie Mestenapeo vient de terminer de purger sa peine en prison pour le meurtre de son père. Renié par sa communauté, le jeune autochtone arpente les rues de Montréal où il fait la rencontre d’autres Autochtones qui, comme lui, se retrouvent dans les rues de la métropole.

Un autre excellent roman signé Michel Jean! Dès le début, j’ai embarqué facilement dans l’histoire d’Élie, dans son parcours. Comme les deux précédents romans de l’auteur (Kukum et Atuk, elle et nous), on retrouve un rythme assez lent, quoique parsemé d’embuches. C’est une lecture à la fois douce et poignante.

Par les rencontres d’Élie, mais aussi par son parcours et son évolution personnelle, on voit les dessous de la rue chez les Autochtones. Des dessous dont on n’entend jamais parler. Des dessous sombres certes, mais où règne aussi une belle entraide. On sent le côté journaliste de l’auteur dans ce roman, cette envie de faire connaitre une réalité cachée. Il nous emmène aussi en plein cœur de la nature, là où des personnages peuvent enfin se retrouver. Il nous fait connaitre ces territoires qu’on a détruits, l’histoire qu’ils cachent.

« Autrefois, les femmes apprenaient [à faire des bracelets en peau de caribou] de leur mère et de leur grand-mère. Mais c’était avant que le gouvernement du Québec oblige les Inuit à abandonner leur vie nomade et les regroupe de force dans des villages où les maisons préfabriquées ont remplacé les igloos, où les motoneiges ont pris la place des traîneaux et des chiens, et où les gens noient maintenant leur mélancolie dans l’alcool, la drogue et toutes les violences que l’homme blanc a apportées dans son sillage. »

Tiohtiá:ke, p.111

C’est une lecture pleine d’espoir dans laquelle on découvre des personnages qui ont vécu l’horreur, qui la vivent parfois encore. Des personnages qu’on a oubliés, qu’on a volontairement mis de côté. Des personnages qu’il vaut la peine de découvrir pour leur humanité. Bref, un autre titre signé Michel Jean qui nous permet d’en apprendre plus sur la vie des peuples autochtones, tout en découvrant un personnage attachant.

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