Sherlock Holmes et le signe des Quatre : une pièce déjantée

Que j’aime aller au théâtre! Encore plus quand on y joue une adaptation de roman. Cette fois, c’est le texte d’Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes et le signe des Quatre, que j’ai eu le plaisir de voir adapté sur scène par le Théâtre Advienne que Pourra. Je m’attendais à une pièce un peu classique, dans un univers britannique, avec des références culturelles d’une époque très passée. Ce fut le cas… en partie seulement!

C’est portant mon chandail avec l’adresse de Sherlock Holmes et de son brave acolyte Watson que j’ai ri, mais surtout été surprise par la pièce à laquelle j’assistais. Bien que je n’ai pas été fan de l’enquête elle-même qui a été menée par Holmes, le reste de la pièce a supplanté ce petit bémol.

On nous plonge bel et bien dans la fin des années 1800, mais y sont ajoutées de nombreuses références à notre époque en faisant notamment mention de la Pat Patrouille, de la Covid (elle n’est pas explicitement nommée, mais la référence y est très claire) et de l’appropriation culturelle (pour n’en nommer que trois). L’heureux mélange entre l’accent british, les tours de calèche et les anachronismes ont rendu cette pièce tellement réfléchie! Déjà, Holmes nous surprend par sa répartie et sa capacité à analyser les moindres détails pour en tirer des conclusions précises, on ne peut que l’être davantage grâce à tous les liens qui sont faits entre l’histoire originale et notre actualité. C’est brillant!

L’humour très absurde de la pièce m’a aussi grandement étonnée. Certes, Holmes est un personnage déjà haut en couleurs, avec sa personnalité très cartésienne et peu empathique. Cependant, aux côtés des autres personnages un peu niais, il ne peut qu’être influencé. On y retrouve parfois le style de Le cœur a ses raisons, avec ses manières très exagérées, ses mélanges de langues et ses effets disproportionnés.

Mon autre grand plaisir a été la présence de mises en abyme. On reconstruit le récit de l’assassinat et de l’enquête en demandant aux personnages de jouer le rôle des coupables, entre eux. On retrouve donc nos personnages originaux qui, à la demande de Sherlock Holmes, jouent la scène du mobile et du déroulement du crime. Déjà, nos personnages étant relativement surjoués, on les voit dans un contexte encore plus déjanté. C’est délicieux!

Bref, j’affirmerai sans aucun doute avoir grandement apprécié cette pièce à laquelle j’assistais avec la seule attente de voir Sherlock Holmes sur les planches. J’en suis ressortie avec un plaisir fou!

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