Les filles de la chance

Charlotte Nicole Davis, éditions Albin Michel, 2021 (2019), 433 pages.

Clémentine, Fille de la Chance, tue accidentellement un homme le jour de son seizième anniversaire. Prise dans une maison d’hospitalité qui la prive de toute liberté, elle se voit contrainte de fuir avec l’aide d’autres filles de la maison. Cependant, les Filles de la Chance sont cernées. Personne ne peut quitter les maisons d’hospitalité sans être poursuivi par les Dévoreurs.

J’ai repoussé la lecture de ce roman vu son nombre de pages. C’est une élève qui m’a convaincue de le lire. Avant les fêtes, je lui avais prêté une pile de livres que je n’avais pas encore lus, lui donnant la mission de me revenir avec LE titre que je m’engagerais à lire avant la fin de l’année scolaire. C’est celui-là qu’elle a choisi. J’ai profité de la relâche pour prendre le temps de m’y plonger et je n’ai tellement pas regretté de l’avoir lu à l’aube de la journée internationale des droits des femmes!

Entre western et récit féministe, un roman porté par des héroïnes bouleversantes

Les filles de la chance, 4e de couverture

Je suis toujours un peu frileuse face à ce genre de description vendeuse sur la 4e de couverture. Ça crée des attentes élevées qui, trop souvent, ne sont pas comblées (suis-je trop difficile?). Cela dit, cette fois, je ne peux qu’appuyer ces mots. Dans Les filles de la chance, on plonge dans un roman où les héroïnes doivent se battre contre des hommes qui croient avoir tous les droits sur elles. On constate les ravages de cette emprise sur leur vision des hommes, sur leurs craintes face à eux. Par leur détermination, les héroïnes qu’on rencontre cherchent certes à se venger, mais surtout à s’émanciper de cette vie qu’elles n’ont pas choisies. Outre les Filles de la Chance, on ne rencontre pas d’autres personnages féminins, nous laissant donc presque croire que chaque fille est destinée à être condamnée.

« Mais parfois, j’aimerais qu’on ne soit pas obligés de se battre. J’ai l’impression de me battre depuis le jour de ma naissance. J’aurais préféré grandir lentement, comme les enfants sont censés le faire. »

Les filles de la chance, p.274-275

Le roman dénonce beaucoup les injustices sociales. En parallèle au féminisme, on dépeint aussi les inégalités financières qui pèsent sur de nombreuses familles et qui les emprisonnent dans un cercle duquel elles ne peuvent pas sortir.

Ne connaissant pas le genre western, il m’est difficile d’affirmer que le roman entre dans cette catégorie. Somme toute, je peux confirmer qu’il ne manque pas d’action! Bien que j’ai parfois trouvé certaines scènes exagérées dans la capacité de survie de nos héroïnes, les 400 quelques pages qui constituent ce roman sont bourrées d’actions auxquelles s’ajoutent les craintes et les réflexions des personnages. J’ai également apprécié le côté un peu plus fantasiste de l’histoire, notamment avec les faveurs (tatouage qui permet de reconnaitre et retrouver les Filles de la Chance grâce à la brulure qu’il impose lorsqu’il est caché) et les personnages des Dévoreurs.

En bref, c’est un roman qui m’a agréablement surprise. J’ai été happée dès le premier chapitre grâce aux nombreux non-dits qu’on peut lier à une réalité actuelle.

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