Bowling

Yves Beauséjour, Saint-Jean éditeur, collection Les ovnis, 2022, 232 pages.

Note : 4 sur 5.

Tristan Beaulieu est habitué de vivre en marge des autres jusqu’au jour où Sarah-Mai vient à sa rencontre. Son attitude pétillante et son petit côté (très) envahissant viennent quelque peu chambouler la vie recluse, mais aussi les plans, de Tristan.

Bowling, c’est le premier titre de la nouvelle collection Les ovnis de Saint-Jean éditeur que je découvre. Un peu comme le nom de la collection qui l’habite, le protagoniste du roman d’Yves Beauséjour semble venir d’ailleurs… ou du moins, être complètement ailleurs! Sa réclusion, son détachement face à tout le monde et à la vie en général fait de lui un personnage assez singulier. Cette solitude semble encore plus mise de l’avant lorsqu’on le place aux côtés de Sarah-Mai qui est son antithèse. Certes, je dois admettre avoir trouvé Tristan particulièrement antipathique au début, et Sarah-Mai trop exubérante, mais leur réunion improbable fait en sorte que l’histoire est franchement intrigante. On en vient à se demander lequel des personnages profite plus de cette relation.

Tout au long du récit, Tristan nous amène dans les méandres de son passé, de manière assez imprécise. On ne vogue pas à travers ses souvenirs, mais on nage dans ses traumas actuels, ceux qui ne le quittent pas. De plus, il nous laisse rapidement comprendre qu’il a un plan en tête pour mettre fin à cette souffrance. On se fait rapidement une idée de ce plan, mais on espère longtemps que Sarah-Mai réussira à les contrecarrer par sa simple présence.

Bowling, c’est un peu une histoire d’amour, mais surtout une histoire de peine. L’histoire d’une peine qui ne s’essouffle pas, d’une noirceur qui parvient rarement à s’éclaircir. Et malgré tout, ce n’est pas un livre particulièrement démoralisant. La présence de Sarah-Mai adoucit le tout. C’est une histoire aigre-douce.

« De ma cruelle enfance jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais eu droit à la beauté ni à la douceur. Quelque chose brisera la chimère, c’est certain. Ma vigilance s’aiguise. Après tout, la vie a été une sale garce qui a toujours su me frapper lorsque je baissais la garde. »

Bowling, p.36-37

Même si Tristan me semblait parfois trop pessimiste, trop renfermé, j’ai apprécié son engagement pas totalement assumé. Ses critiques acerbes, son ludisme face à cette réalité sombre.

« Comment ne pas laisser les idées noires nous envahir quand la Terre est étouffée par nos activités inhumaines? »

Bowling, p.131

Je conclus cet article en laissant un petit commentaire sur le titre avec lequel s’agencent les titres de chapitres importants et le dénouement. Le genre de détail toujours intéressant à analyser! Bref, c’est une lecture par laquelle je vous suggère de vous laisser tenter! C’est un premier ovni franchement intéressant!

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