Le phénomène Heartstopper : une exagération?

Que ce soit grâce à la série Netflix, au webcomic ou aux livres, la réputation de Heartstopper n’est plus à faire. Les critiques sont dithyrambiques à son sujet et les éloges ne cessent de pleuvoir. Est-ce démesuré?

Un bref résumé

Avant toute chose, pour celleux qui ne connaissent pas cette série (qui comporte actuellement quatre tomes, mais qui en prévoit un cinquième et dernier en 2023), il faut savoir qu’elle est basée sur la relation entre Nick et Charlie, deux lycéens qui ne proviennent pas vraiment d’un même cercle social. L’un fait partie de l’équipe de rugby, est le classique hétérosexuel populaire, alors que l’autre est plutôt un artiste, homosexuel ayant fait son coming out et ayant été intimidé par certains membres de ladite équipe de rugby. Jusque-là, ça semble être une histoire assez ordinaire. Le cliché qui suit : les deux garçons se rencontrent. Je vous laisse deviner la suite.

Ça semble évident et facile à deviner, hein? Certes, ce l’est. Est-ce négatif? Non.

La chair autour de l’os

Toute la beauté d’Heartstopper se situe dans cette simplicité. Le dénouement de la relation entre Nick et Charlie est peut-être facile à deviner, mais cela ne permet que de s’attacher aux deux personnages qui, même s’ils semblent en apparence à l’opposé, ont des points en commun attendrissants (je pense notamment à leur amour des chiens, dont la belle Nellie).

Crécit : Instagram @aliceosemanart

Tout dans les bandes dessinées concourent à rendre l’histoire charmante, en passant des personnages eux-mêmes aux illustrations. Le style d’Alice Oseman est unique et permet de nouer une affection particulière à ses personnages. Les illustrations, bien que toute en simplicité, laissent facilement comprendre les émotions des personnages, ce qui est à mon avis une grande force de l’œuvre. Elles rappellent un peu le style du manga, qui en laisse beaucoup deviner dans les expressions faciales et les idéogrammes. Les à-côtés, les petites touches uniques, rendent aussi le tout encore plus agréable à lire. Je pense ici notamment aux petits bonus qui se retrouvent à la fin de chaque tome (cartes d’identité des personnages, aperçu de leur chambre, développement de la relation des personnages secondaires, etc.).

La diversité

Le point le plus fort à souligner dans cette œuvre d’Alice Oseman (et qui me semble être un point fort pour l’ensemble de ses livres) est la diversité des personnages, mais aussi la diversité des sujets tabous. L’autrice s’ancre dans le quotidien des adolescent.e.s et n’hésite pas à aborder des thématiques plus taboues. Dans Heartstopper par exemple, on traite des troubles alimentaires. Chaque fois, c’est fait avec douceur. On mise beaucoup sur l’aide que peuvent s’offrir les personnages, sur le soutien des amis et des proches, mais aussi sur le fait qu’on ne peut pas sauver les autres sans leur participation. Le premier tome aborde aussi le sujet un peu plus complexe du consentement. Même si c’est visuel et que ça peut susciter des émotions plus négatives, c’est encore une fois fait avec beaucoup de doigté. Dans l’ensemble de la série, on aborde aussi l’intimidation qu’a vécue et que vit encore Charlie. Dans chacune des situations plus difficiles, ce qui est beau, c’est l’entraide.

Ce contenu sensible semble aussi prendre place dans les romans de l’autrice qui aborde notamment les troubles de santé mentale dans Solitaire, Radio Silence, I was Born for This et This Winter. Une page est d’ailleurs consacrée à ces TW sur son site web.

Crédit : Instagram @aliceosemanart

La diversité sexuelle est aussi grandement mise de l’avant dans les œuvres d’Alice Oseman. Certes, avec le personnage de Charlie, on touche à l’homosexualité et à l’homophobie, mais l’autrice, par ses autres personnages, vient aussi toucher à l’ensemble des orientations sexuelles et des identités de genre. Elle aborde d’ailleurs le sujet dans son roman Loveless, qui fait partie de ma liste de souhaits. Dans Heartstopper, j’ai beaucoup apprécié comment se fait le coming out d’un personnage, de même que son cheminement. Encore une fois, le soutien qui lui est apporté est incroyable et ce, dans toutes les situations difficiles qu’il peut traverser parce que même si Heartstopper est une belle histoire, les moments difficiles ne sont pas exclus.


Bref, je ne crois pas qu’il y ait une quelconque exagération derrière la popularité d’Heartstopper. Alice Oseman parvient à créer un réel attachement entre son lectorat et ses personnages en plus de ne pas lésiner sur les sujets tabous, sans pour autant tomber dans le drame. Une autrice à suivre!

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