De son œil

Maryse Pagé, éditions Leméac, collection jeunesse, 2021, 148 pages.

Note : 3.5 sur 5.

Anju considère que Noah est l’adolescent parfait. Il l’admire et souhaite lui ressembler, ce qui le pousse à l’espionner et à noter les moindres informations à son sujet. Pour s’en rapprocher, il lui propose même des cours de rattrapage en mathématiques parce que les gens parfaits, pour être parfaits, doivent aussi avoir des lacunes.

Dès le départ, la narration à la deuxième personne du singulier nous prend un peu de court. Cela dit, ça donne rapidement le ton au récit et au personnage d’Anju. Par ses observations détaillées, on comprend bien vite que c’est un adolescent atypique. Jamais il n’est mentionné qu’il a un trouble du spectre de l’autisme, mais par ses gestes calculés et sa difficulté à saisir les émotions d’autrui, un doute subsiste.

« J’arrive maintenant à comprendre l’engouement pour lui et les autres rappeurs populaires. C’est un beat. C’est mathématique. C’est une forme de mantra. De la poésie. Rap signifie d’ailleurs « rythm and poetry ». Content de l’avoir appris en faisant quelques recherches. C’est logique. Je ne saisis toujours pas le deuxième sens de la poésie. Je n’éprouve pas d’émotion à l’écouter. »

De son œil, p.60-61

Bien que la narration m’ait en général plu parce qu’elle nous permet d’être dans la tête d’Anju pour observer le personnage de Noah, cette perspective laisse passer quelques répétitions. Les premiers chapitres notamment ne nous donnent pas beaucoup de nouvelles informations. C’est davantage quand le narrateur parvient à percer l’intimité de Noah et qu’arrive le voyage à New-York qu’on en découvre plus sur cet adolescent parfait. C’est d’ailleurs cette thématique (finalement déconstruite) de perfection qui est fort intéressante. Par ses observations, par ce qu’il dégage, Noah est, en apparence, parfait. Mais quand on connait bien quelqu’un, on découvre bien vite que ce qu’il dégage n’est qu’un leurre.

Je ne peux pas dire que j’ai adoré ma lecture. Le côté répétitif notamment m’a un peu agacée au début, mais il y a aussi le fait que je n’ai pas trouvé les personnages particulièrement attachants ou uniques. On saisit très bien les personnages et on peut facilement se les imaginer, mais ils ne sortaient pas de l’ordinaire. J’ai trouvé que le personnage de Mégane, qui fait quelques apparitions assez importantes, avait plus d’intérêt. Je verrais bien un autre tome dans lequel Anju observe celle-ci…

Bref, ce fut une lecture intéressante d’un point de vue narration, mais je ne peux malheureusement affirmer que ç’a été une découverte.

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